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Pouvoir d'achat: comment expliquer la déprime de la classe moyenne

Une majorité de Farnçais estime que son pouvoir d'achat a baisssé durant la présidence d'Emmanuel Macron, malgré des chiffres indiquant le contraire. Voici pourquoi.

Si on s’en tient seulement à l’aspect financier, la déprime de la classe moyenne est-elle vraiment justifiée? L’OFCE nous dit que sous le quinquennat Macron, le pouvoir d’achat a plus augmenté que sous Hollande et Sarkozy, et que c'est la classe moyenne qui a vu le plus son pouvoir d’achat progresser: entre 500 et 700 euros par an. C'est quasiment deux fois plus que la classe moyenne aisée et trois fois plus que les plus modestes.

L’institut des politiques publiques (IPP) estime que les gagnants du quinquennat Macron sont les actifs qui travaillent, donc le cœur de la classe moyenne, avec une hausse de 2,6% du niveau de vie. C'est plus que pour les retraités, avec +0.6%, et pour les chômeurs, avec +1,1% . Certes, une partie de cette augmentation a été payée par la dette, mais finalement elle s’est retrouvée d’une façon ou d’une autre dans les poches des familles.

La montée des "petites inégalités du quotidien"

Pourtant, 6 Français sur 10 estiment que leur pouvoir d’achat a reculé sous la présidence d’Emmanuel Macron. Ce qui ne recouvre pas la réalité puisqu'au sein de chaque catégorie sociale, il y a en moyenne 24% de perdants et 67% de gagnants, nous dit l’IPP.

Il y a donc des raisons psychologiques au fait que 2 Français sur 3 estiment que leur pouvoir d'achat a baissé. Mais il y a aussi de vraies raisons: la montée de ce que le sociologue François Dubet appelle les "petites inégalités du quotidien", perçues comme de l’injustice, alors que les grandes inégalités de classe diminuent.

Il y a l’augmentation des dépenses contraintes, avec le logement en tête, et maintenant l'alimentation et l'énergie. Il y a la remise en cause souvent plus imposée que choisie de nos modes de vie: habiter plus loin de son lieu de travail, l'utilisation de la voiture, le travail à distance, la mutation technologique, qui accélère la disparition de vieux métiers... Tout ça contribue à une très grande insécurité économique.

Emmanuel Lechypre (édité par J.A.)