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Prix du bio élevés à cause des marges de la grande distribution: "On se sent pris au piège"

Selon une étude de l'UFC-Que Choisir, la grande distribution opère des marges exorbitantes sur les produits bios.

Les prix élevés du bio sont-ils imputables aux marges de la grande distribution? C'est en tout cas ce que dénonce l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Si on sait que la production des fruits et légumes bio coûte effectivement plus chère, les marges opérées par la grande distribution sur ces produits sont aussi deux fois plus importantes que sur les produits conventionnels. (+46%)

"En l’absence d’autres justifications et pour des produits dont les modalités de mise en rayon sont identiques, cette différence de tarification pourrait être due à une politique opportuniste sur un marché de niche", écrit l'UFC-Que choisir. En clair: la grande distribution prendrait des "sur-marges" sur le bio, ce qui explique des prix très au-dessus des produits classiques : +79% par rapport aux équivalents conventionnels. Sachant que la consommation annuelle de fruits et légumes bio pour un ménage français revient à 660 euros contre seulement 338 euros pour les produits conventionnels.

"Cela me consterne mais ça ne m'étonne pas"

Chez les consommateurs de bio, la nouvelle ne passe pas. Alix résume bien la pensée de beaucoup de gens à la sortie du supermarché. "Cela me consterne mais ça ne m'étonne pas, parce que les grandes surfaces, c'est effrayant, ce sont des requins".

Quand on explique à Marina que l'argent de ses tomates ne va pas dans la poche du producteur, elle n'apprécie pas. "On se sent pris au piège, comme pour beaucoup de produits qu'on achète en grande surface. Donc on regarde les prix et on fait des choix".

"La grande distribution abuse, elle joue sur l'effet de mode"

Marc lui n'est pas dupe. "Je pense que la grande distribution abuse, elle joue sur l'effet de mode. C'est un peu comme pour les vacances, on multiplie les prix par cinq quand il y a beaucoup de monde".

Un manque de volonté incompréhensible pour Olivier Andrault, chargé de mission alimentation à l'UFC Que Choisir. "Elle d'autant plus incompréhensible qu'elle est contre-productive. On sait que maintenir un niveau de prix élevé sur les fruits et légumes bio, c'est le meilleur moyen d'empêcher le développement du bio alors qu'il y a un intérêt sanitaire et environnementale". De son côté, la fédération de la distribution dénonce une étude partiale et non rigoureuse dans la méthode."

Mahaud Becker-Grenier (avec A.M.)