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"Quand je passe des annonces pour recruter, je n'ai aucune réponse": malgré la reprise, l'hôtellerie et la restauration restent à la peine

Dans l'hôtellerie et la restauration, le manque de main d'œuvre perdure alors que le secteur cherche à reconquérir les touristes étrangers et qu'Emmanuel Macron veut absolument que la France reste la première destination touristique mondiale.

Cela fait maintenant 4 mois que Didier Désert gérant d'un restaurant parisien, cherche un nouvel employé: "Je recherche un maître d'hôtel pour compléter notre équipe en salle. Quand je passe des annonces je n'ai aucune réponse. Je ne peux pas dire que les CV sont bons ou mauvais, je n'en ai juste pas. On est épuisé de chercher et de ne pas trouver".

Alors, en attendant, il faut tout faire soi-même. Vérifier les arrivages, faire les tables et même parfois préparer les apéritifs: "Je jongle entre tous les postes, je suis là plus souvent, mes équipes font des efforts. On arrive encore à accueillir tous nos clients mais avec la saison forte qui arrive cet hiver on se demande si ça va passer ou si on devra fermer un jour par semaine ce qui serait catastrophique".

D'autant que les touristes frontaliers sont de retour. Reste encore à reconquérir les visiteurs hors Union européenne. Et avant leur arrivée, les acteurs du secteur se réunissent ce vendredi Bercy en compagnie du ministre de l'Économie Bruno Le Maire, alors que le président de la République Emmanuel Macron a martelé jeudi que la France devait rester la première destination touristique mondiale.

"On a perdu bon nombre de salariés qu'on n'arrive pas à faire revenir"

Mais comment attirer de nouveaux visiteurs alors que les secteurs de l'hôtellerie et de la restauration manquent de bras. Entre février 2020 et février 2021, le secteur a perdu près de 237 000 salariés, selon un rapport de la Dares.

Pour reconquérir le cœur des touristes étrangers, il va déjà falloir améliorer les prestations, explique Jean-Pierre Nadir, fondateur de Fairmoove, un portail de réservation de voyage: "Quels sont les maux dont souffre la France? Il y a le niveau de service souvent considéré à l'étranger comme déficient et qui ne s'est pas arrangé avec le Covid-19, on a perdu bon nombre de salariés qu'on a du mal à faire revenir pour des raisons salariales. Le premier enjeu c'est le niveau des salaires".

Et augmenter les salaires, ça passe par l'aide de l'Etat d'après Jean-Philippe Cartier, président d'un groupe d’hôtellerie-restauration de luxe: "Il faudrait qu'on arrive à avoir un abattement des charges sociales sur une partie des plus bas salaires comme moins de 2000 euros bruts qui nous permettrait de motiver un peu plus nos troupes". Et pour lui, il faudrait aussi accorder plus de repos aux salariés.

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Anna Huot (avec Guillaume Dussourt)