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Rapport du GIEC sur l'alimentation: "Si on arrête de jeter les fruits et légumes 'moches' on peut récupérer 250.000 tonnes de nourriture"

L'humanité doit mieux consommer pour préserver ses sols prévient le dernier rapport du GIEC. Et pour cela, elle doit faire des efforts sur la nourriture en évitant le gâchis.

Les rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), se suivent et se ressemblent. La Terre va toujours mal assure le dernier en date. Cette fois-ci, le rapport se concentre sur les modes de consommation alimentaire de l'humanité et le résultat n'est pas rassurant pour notre planète. Ainsi, nos modes de consommation exerceraient une pression insoutenable sur les sols de la Terre, épuisant les ressources naturelles.

Le rapport préconise un changement de nos modes d'alimentation et notamment une réduction de notre consommation de viande au profit des légumineux. C'est la tendance que suivent les Français même s'il reste du chemin à faire. En 1950 un Français consommait 50 kilos de viande par an. Dans les années 2000, la consommation annuelle de viande est montée à 100 kilos. Depuis, elle redescend lentement. Aujourd'hui, un Français consomme 85 kilos de viande par an.

Trop de gâchis

Pas question pour autant d'arrêter côtes de bœuf et rôtis de veau alors que les fruits et légumes sont également menacés. Il faut absolument restreindre le gâchis: "Dans les pays du Sud on perd à la production on a pas de silos, on n’a pas de lieux de stockages réfrigérés et dans le Nord ont perd à la consommation", prévient Bruno Parmentier, ingénieur et économiste ancien directeur de l’école agricole d’Angers. Selon lui, un Français gâche 240 kilos de nourriture par an.

"Vous ne trouvez jamais de carottes tordues par exemple. Il n'y jamais dans les étals de légumes ou de fruits 'moches'. Le poisson c’est pire. Les pêcheurs pêchent et ramassent tout et ils jettent entre le tiers et la moitié de ce qu’ils ont attrapé en se disant ‘c’est trop petit, c’est trop gros, ce n’est pas dans les quotas’. Enfin il y a ensuite les restes dans les restaurants notamment qui sont systématiquement jetés", explique Bruno Parmentier.

"On n’aura jamais zéro gâchis mais si on passe du tiers de la nourriture jetée au quart, on récupère 250.000 tonnes par an", prévient-il.

L'agriculture, responsable et menacée

Mais le problème est à double sens. Si la solution dans les pays occidentaux est de manger "mieux" et de produire "mieux" en limitant sa consommation de viande notamment et en évitant le gâchis, en Afrique il faut pourtant "tripler la production agricole, et la doubler en Asie", estime Bruno Parmentier.

Mais selon le GIEC, les terres agricoles, qui occupent environ 38% de la surface des sols et contribuent grandement à leur détérioration, sont également menacées par le réchauffement climatique, victimes de la désertification et de glissements de terrain provoqués notamment par des orages de plus en plus violents.

Guillaume Dussourt