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"Routes d'Europe": en Italie, des pêcheurs se mobilisent bénévolement pour collecter le plastique en mer

À Fiumicino, des pêcheurs se mobilisent pour ramasser les déchets dans la mer. Depuis mars, ils ont déjà collecté plus de deux tonnes de déchets. Cependant, ils dénoncent l'inaction du gouvernement face à la pollution marine.

L'Italie, mauvaise élève européenne en matière d'environnement. Rome est renvoyée devant la Cour de justice de l'Union européenne pour non-respect des directives environnementales en matière de qualité de l'air et du traitement des eaux usées. Aujourd'hui, l'Italie paie 120.000 euros d'amende par jour à l'Union européenne pour cette violation des directives en matière de déchets.

Près de Rome, des pêcheurs ont décidé de se battre pour préserver la mer. Comme chaque jour, le capitaine Salvatore rentre au port de Fiumicino, décharge son poisson tout frais pêché. Mais pas seulement. "Voilà ce qu’on a trouvé à 100 m de profondeur". Il sort de son bateau des déchets plastiques par dizaines. "Tout ce plastique, on en remonte chaque jour, pas seulement moi, mais tous les autres bateaux", indique-t-il. 

Un crève-cœur pour ces pêcheurs. Et ce n’est pas faute d’avoir tiré le signal d’alarme explique Gennaro Del Prete, président de la coopérative de pêche Pesca Romana. 

"Nous sommes les sentinelles de la mer. Ça fait 15 ans qu’on dit que la mer souffre. Mais sans initiative, on est condamné à trier tous les jours nos poissons et le plastique", explique-t-il. 

Inaction de l'État

Et justement, sur les 25 bateaux que compte la flotte de Fiumicino, 12 se sont lancés début mars dans un vaste projet de dépollution des eaux. "Les trois premières semaines, on a remonté une tonne de plastique dans nos filets. Et ces sacs que vous voyez derrière moi, c’est encore une autre tonne que nous avons repêchée au mois d’avril. La mer est notre vie, on fait ce travail sans percevoir un centime", affirme-t-il. 

Ils ont obtenu le soutien de la Région de Rome. Mais l’action de l’Etat, elle, se fait toujours attendre fulmine Daniella, bénévole pour l’association Stop Déchets.

"Aujourd’hui il n’y a aucune réelle politique de réduction des déchets. On voit du plastique absolument partout. L’Etat devrait mener des actions en amont de cette pollution. Mais bon, nous sommes le pays de l’urgence. On intervient que quand il se passe quelque chose de grave. On n’a pas de vision à long terme", dénonce la bénévole.

L’Italie condamnée il y a quelques semaines à verser une amende record à l'Union européenne, près de 500 millions d’euros. Notamment pour sa mauvaise gestion des déchets.

Anaïs Bouitcha et Pierrick Bonno avec Guillaume Descours