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"Si on ne nous aide pas, on ne pourra pas se relever": le désespoir des agriculteurs de la Drôme, touchés par les intempéries

C'est dans une ambiance apocalyptique que se sont réveillés les habitants de Romans-sur-Isère, dans la Drôme, ce dimanche matin. Leur village a été le plus touché par l'épisode de grêle de samedi après-midi. Les agriculteurs ont beaucoup perdu.

Pendant une quinzaine de minutes, des grêlons de 5 cm se sont abattues sur la commune. Voitures cabossées, toits constellés de trous, vitres explosées, récoltes endommagées... ce dimanche, l'heure était à la constatation et dégâts et aux premiers travaux de réparation.

Les agriculteurs ont été très touchés par ces intempéries: "Les dégâts sont énormes, des céréales, des serres et le maraîchage sont touchés, la vigne aussi", selon la FNSEA drômoise.

Sur place, Didier Guillaume a garanti dimanche devant les 200 agriculteurs inquiets venus l'écouter que l'état de catastrophe naturelle, ainsi que l'état de calamité agricole, sera pris dans les deux jours.

"Les abricots sont par terre, les feuilles sont déchiquetées"

Même si l'état de catastrophe naturelle, ainsi que l'état de calamité agricole, seront pris dans les deux jours, a annoncé le ministre de l'agriculture Didier Guillaume, venu constater les dégâts dimanche matin dans la Drôme, les agriculteurs restent inquiets car ils ne sont pour la plupart pas assurés.

En quelques minutes, il a vu sa récolte d’abricot anéantie: Jérôme Feroussier est arboriculteur à Saint-Marcel-lès-Valence dans la Drôme, aujourd'hui il ne peut que constater les dégâts.

"Les abricots sont par terre, les feuilles sont déchiquetées et la conséquence de tout ça c’est une perte de récolte, de chiffre d’affaire, plus d’entrée d’argent. Si on ne nous aide pas, on n’y arrivera pas, on ne pourra pas se relever".

"70.000 euros de cotisation annuelle avec une franchise de 20%"

Car Jérôme, comme beaucoup de ses collègues n’est pas assuré contre ces intempéries, la cotisation annuelle demandée est beaucoup trop importante.

"Ils nous demandent 70.000 euros de cotisation annuelle avec une franchise de 20%. Les agriculteurs ne peuvent pas se permettre de sortir cette somme là pour assurer leurs arbres".

"Il faut réécrire le dispositif d’assurance récolte"

L’agriculteur bénéficiera d’une maigre indemnisation grâce à la déclaration de l’état de catastrophe naturelle. Insuffisant, pour Jean-Pierre Royannez, le président de la chambre d’agriculture de la Drôme, qui veut modifier ce système d’assurance.

"Il faut réécrire le dispositif d’assurance récolte, ça devient obligatoire. On aura une baisse du montant des cotisations puisque ce sera mutualisé à l’ensemble et chacun pourra le prendre parce que ce sera adapté aux exploitations".

Un système qualifié d’injuste par le ministre de l’agriculture, qui affirme vouloir le réformer, notamment en baissant le prix des cotisations.

Martin Juret et Margaux Boddaert (avec Caroline Petit)