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Ultime réunion sur le glyphosate à Bruxelles: l'inquiétude des agriculteurs

Un comité d'appel de l'UE va examiner ce lundi le renouvellement du glyphosate pour 5 ans. La France, qui prône un renouvellement de 3 ans, votera contre. Certains agriculteurs sont suspendus à cette ultime réunion sur l'herbicide controversé. Reportage à Kergloff dans le Finistère.

Ultime réunion sur le glyphosate à Bruxelles ce lundi. Les pays membres doivent se mettre d'accord sur le renouvellement de cet herbicide controversé. Faute d'accord, c'est la Commission européenne qui tranchera. La France votera contre le renouvellement du glyphosate pour une durée de cinq ans, souhaitant une sortie progressive du glyphosate.

La réunion de lundi est cruciale pour tenir les délais: le sort du glyphosate doit être scellé avant le 15 décembre, faute de quoi il serait interdit à la vente. Et face à ces atermoiements, certains agriculteurs expriment leur ras-le-bol.

Hervé Guillerm, éleveur et céréalier dans le Finistère, est lassé de cette indécision: "Ils ne vont pas se mettre d'accord, ils vont laisser la Commission faire. C'est le problème de l'Europe: à 27, ils n'arrivent pas à se mettre d'accord. On en est fatigués".

"Des coûts de production bien inférieurs aux nôtres"

Sur ses 130 hectares de terres, le glyphosate permet un gain de temps et de main-d'œuvre entre deux récoltes. En cas d'interdiction du produit, il craint de ne plus être compétitif: "On va se retrouver après avec une concurrence mondiale, notamment sur le soja, le colza, le coton et le maïs, qui ont des coûts de production bien inférieurs aux nôtres et qui nous obligent à nous aligner sur ces prix-là", explique-t-il au micro de RMC.

Et supprimer cet herbicide ne résoudrait rien, selon lui. Hervé nourrit ses 3.000 porcs avec du soja importé d'Amérique du Sud: "Nous, on utilise le soja et 95% du soja qui vient en France pour l'alimentation animale est OGM. Ces produits, en Amérique du Sud sont désherbés en culture avec du glyphosate. Si l'Europe interdit le glyphosate, il faut aussi qu'elle interdise l'entrée sur son territoire de produits OGM désherbés au glyphosate".

Avec le syndicat Coordination rurale, il milite pour un maintien du glyphosate, le temps de faire plus d'études sur sa dangerosité.

Pierre Pillet (avec P.B.)