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Un micro "caché" dans le "Monsieur Cuisine Connect" de Lidl: faut-il avoir peur?

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Anthony Morel, journaliste spécialiste high-tech, a décrypté les révélations autour de ce robot cuiseur qui connaît un succès de vente.

Peut-on pirater votre robot cuiseur? Et si on pouvait vous écouter en pleine conversation dans la cuisine? 

Le 3 juin dernier, Lidl a mis en vente dans ses magasins en France un robot-cuiseur, baptisé "Monsieur Cuisine Connect", au prix de 359 euros, nettement inférieur à ceux des appareils proposant les mêmes fonctions, dont le célèbre Thermomix de Vorwerk vendu 1.299 euros. 

Des magasins avaient été dévalisés dès les premières heures de la mise en vente du produit, certains médias faisant état de scènes de cohue.

Jeudi, Numerama, site spécialisé dans les nouvelles technologies, a partagé l'expérience de deux Français qui, "en voulant s'amuser à détourner l'écran tactile" du robot-cuiseur, ont "mis au jour l'existence d'un micro secret inactif qui pourrait être vulnérable aux attaques". "Notre enquête montre notamment qu'un micro a été installé dans le Monsieur Cuisine Connect, sans que sa présence ne soit indiquée, et sans qu'il n'y ait de justification apparente", écrit notamment Numerama.

Ce jeudi, l'enseigne Lidl a confirmé que son robot-cuiseur était bien équipé d'un micro, toutefois "inactif" et "inactivable à distance" ou par le client, sauf action très spécifique. "Et en aucun cas Lidl ne peut l'activer à distance", a réagi Michel Biero, gérant des achats pour Lidl France.

Produit en Chine et commercialisé par Lidl sous la marque Silvercrest, l'appareil connecté fonctionne grâce à une tablette Android qui comporte un micro intégré "afin qu'on puisse, un jour, dans six mois ou dans deux ans, avoir la possibilité d'installer une commande vocale. Mais si c'était le cas, on enverrait une mise à jour, et uniquement le client pourrait l'activer ou pas", relève M. Biero. Il indique que Lidl a "été dépassé par le succès" de l'appareil, vendu à "plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires", et que les réapprovisionnements sont en cours.

Anthony Morel (avec AFP)