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"Vendre pas cher, ça ne veut pas dire acheter pas cher": comment Lidl veut réduire ses marges pour mieux rémunérer les éleveurs

Michel Biero, directeur exécutif des achats de Lidl France attend beaucoup de la nouvelle réunion prévue mercredi pour les négociations commerciales annuelles. Une concertation qui pour l'instant n'a abouti à rien.

Les négociations entre la grande distribution et les fournisseurs vont-elles aboutir? Ils ont jusqu'au 28 février pour se mettre d'accord sur les prix des produits qui seront vendus dans vos supermarchés. Des discussions très important car elles influent directement sur les revenus des agriculteurs.

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Mais cette année, le climat est particulièrement tendu cette année. Adoptée il y a deux ans, la loi Egalim devait permettre de mieux rémunérer les éleveurs et les producteurs. Mais d'après les acteurs interrogés, elle ne semble pas avoir porté ses fruits pour le moment.

“A ce jour elle n’a servi à rien puisque la loi alimentation repose sur de la bonne volonté. Je pense que le ministre de l’Agriculture, aujourd’hui, a vraiment une envie très forte de faire bouger les choses et ça s’est entendu dans le dernier communiqué de suivi, on verra demain. On a besoin de transparence. Et soit vous sanctionnez, et aujourd’hui il n’y a pas de contraintes à cette loi, donc finalement, c’est, j’ai envie ou je n’ai pas envie”, explique Michel Biero, directeur exécutif des achats de Lidl France.

La survie des agriculteurs en jeu

Il affirme par ailleurs qu’il se soucie du sort des agriculteurs. En effet, si Lidl est réputé comme étant l’enseigne des prix bas, cela ne veut pas dire qu’ils ne respectent pas à la fois les consommateurs et les producteurs.

“Vendre pas cher, ça ne veut pas dire acheter pas cher. Il y a la marge de l’industriel et il y a la marge du distributeur. Je réduis mes coûts de distribution, mes coûts de structure et donc je peux réduire mes marges. Les éleveurs ne demandent pas de rouler dans des grosses voitures, ils demandent quelques centimes dans le lait, quelques centimes dans le porc et quelques centimes dans le bœuf. Si on veut continuer à manger français, si on ne rémunère pas de ces quelques centimes de mieux les éleveurs, et bien demain, on ne mangera plus français”, appuie-t-il.

Au bout de la chaîne, pour les agriculteurs, le compte n'y est toujours pas, et ils ne peuvent même pas menacer de se faire entendre lors du salon de l'agriculture, puisqu'il est annulé cette année. Le gouvernement devrait tenter de sauver les négociations mercredi lors d'un nouveau comité de suivi, en présence de tous les acteurs.

Guillaume Descours