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Vignettes anti-pollution à Paris: "C'est pas avec les Autolib' qu'on va pouvoir travailler!"

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Les vignettes Crit'Air vont être obligatoires à Paris dès le 16 janvier pour identifier les véhicules les plus polluants, qui ne pourront plus rouler dans Paris. Pour Antony Hadjipanayotou, président de la Capeb (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment) du Grand Paris, il faut aider les artisans sous peine de les voir déserter Paris.

"Ce n'est pas la vignette qui me dérange, c'est tout ce qui va derrière. Ça va vouloir dire qu'on va devoir changer nos véhicules. Moi j'ai cinq camions à 15.000 euros. Tous les ans, il va y avoir des restrictions. Dans 4 ans, plus de diesel dans Paris.

Je demande que l'on trouve des solutions. Déjà qu'on rallonge peut-être le délai pour qu'on puisse trouver des véhicules adaptés. Pour le moment on ne peut rien acheter. Trouvez-moi des petits Trafic ou des Berlingot électriques ou au gaz. Il n'y en a pas, ça n'existe pas. Notre souci c'est ça.

La mairie de Paris a du mal à nous recevoir. Il ne faut pas oublier que les gens n'auront plus de services. Déjà en ce moment tout le monde essaie d'éviter d'aller à Paris à cause de la circulation. On met le double de temps à n'importe quelle heure. Et après ils vont rajouter les restrictions de véhicules. On souffre déjà d'un manque à gagner, on peut beaucoup moins travailler à cause des problèmes de stationnement, des problèmes de circulation.

Ce qui est fou, c'est qu'on a des maires d'arrondissement qui nous appellent et nous engueulent en nous disant qu'on ne veut pas venir travailler dans leur arrondissement et que c'est scandaleux. Je leur réponds qu'ils sont bien gentils mais qu'il faudrait voir ça avec Mme Hidalgo.

"Quand plus personne ne viendra à Paris, ils seront obligés de trouver une solution"

Ce que je souhaite, c'est que plus personne ne rentre dans Paris. Que plus personne ne s'occupe des fuites, des travaux et qu'ils se débrouillent! Quand ils seront les pieds dans l'eau et que plus personne ne viendra dans Paris, ils seront obligés de trouver une solution!

On essaie de faire avancer les choses. On est en contact avec des constructeurs, voir ce qu'ils nous proposent pour qu'on aient une solution de repli. Qu'on puisse avoir des véhicules, parce que ce n'est pas avec les Autolib' qu'on va pouvoir travailler! Je voudrais bien, ça ne me dérangerait pas de revenir à la voiture à cheval. Que tout le monde prenne ses responsabilités!

On sort de presque 10 ans de crise, les trésoreries ne sont pas au beau fixe. On a des véhicules qui sont entretenus, c'est nos outils de travail mais il faut nous laisser un peu de temps pour qu'on puisse se retourner.

Si on arrive à dialoguer et à s'entraider on pourra avancer. Je comprends l'argument écologique, mais il faut nous aider à trouver des solutions".

Propos recueillis par Paulina Benavente