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Visite de François Hollande au Salon de l'agriculture: "On est entrain de crever dans nos exploitations"

François Hollande au Salon de l'agriculture, le 25 février 2017.

François Hollande au Salon de l'agriculture, le 25 février 2017. - AFP

Le président de la République a visité ce samedi matin le Salon de l'agriculture, à Paris. Les agriculteurs exposants l'attendaient pour lui exprimer leur découragement, et pour certains d'entre eux, leur colère.

François Hollande a retrouvé samedi un monde paysan en proie au découragement et éprouvé par deux années de crise profonde, lors de l'inauguration de la 54e édition du Salon de l'agriculture.

"Aujourd'hui s'ouvre un Salon qui n'est pas comme les autres, marqué par une profonde tristesse et par la gravité des crises que nous traversons", a dit le président en référence à la mort récente du président de la FNSEA, Xavier Beulin. Cette visite est "un message d'encouragement, de soutien et de solidarité envers les agriculteurs", a-t-il ajouté.

"Il n'y a pas de politique agricole"

Le monde agricole expose au public jusqu'au 5 mars ses meilleures productions issues des terroirs et territoires, un rendez-vous qui sera marqué par le défilé de la plupart des candidats à l'élection présidentielle.

Pour le dernier Salon de son quinquennat, François Hollande a été accueilli par certains agriculteurs en colère, comme Arnaud, producteur de lait en Bretagne:

"Nous on attend François Hollande comme des agriculteurs en furie. Il n’y a pas de politique agricole. Stéphane Le Foll a entretenu ce suspense en disant que demain, ça ira mieux, mais on est en train de crever aujourd’hui. Il ne défend pas ses agriculteurs. Nous on fait plein d’efforts, tous les jours, pour produire propre, on nous a mis plein de normes en place, on nous a promis la lune, mais nous crevons dans nos exploitations.", s'indigne-t-il sur RMC.

Le découragement pointe même chez les agriculteurs exposants du salon, qui sont pourtant parmi les plus compétitifs et organisés du pays.

La PAC, enjeu de l'élection présidentielle

La FNSEA, comme les Chambres d'agriculture ont déjà listé leurs revendications pour les candidats à la présidentielle. Ils leur demandent surtout plus de considération pour les agriculteurs.

Le prochain gouvernement devra en effet négocier l'orientation de la politique agricole commune (PAC) 2020-25, avec des partenaires européens qui sont aujourd'hui des concurrents sur les marchés agricoles. François Hollande a mis en garde les candidats qui préconiseraient une sortie de l'Union européenne et donc de la PAC.

Un secteur en crise

Ces crises se sont cumulées depuis deux ans, avec un effondrement des prix du lait et de la viande bovine et porcine, des intempéries qui ont laminé les récoltes de céréales et plusieurs vagues d'épizooties.

Les revenus des agriculteurs se sont effondrés. Si en 2014, moins de 20% des agriculteurs avaient eu des revenus équivalents à 350 euros par mois, en 2016, ce chiffre est monté à 50%, selon la sécurité sociale agricole MSA.

Mais le salon tentera aussi de faire bonne figure et certains secteurs, comme l'agriculture bio ont le vent en poupe. Les organisateurs attendent de 620.000 à 650.000 visiteurs, contre 611.000 en 2016.

Alexandra Milhat avec Thomas Chupin et AFP