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Vote syndical historique à Amazon aux USA

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LOUIS VA PLUS LOIN - Un vote a eu lieu lundi dans un entrepôt d’Amazon aux Etats-Unis. Un vote pour ou contre la création d’un syndicat, c’est historique, et ça serait une première.

Tout commence il y a quelques mois, le jour où Darryl Richardson, un employé de 51 ans, se décide à prendre la plume. Epuisé par des conditions de travail qu’il juge indigne, il écrit au principal syndicat du secteur de la distribution et lui demande de venir s’implanter sur le site où il travaille, dans l’Alabama.

L’organisation lance une campagne et obtient donc la tenue d’un scrutin. Il s’est achevé lundi, le dépouillement doit débuter ce mardi et, comme les bulletins sont arrivés par la poste, le résultat devrait être connu en fin de semaine. Mais ce vote, rien que ce vote, est en soi déjà une victoire pour les salariés.

Biden et Sanders soutiennent

Parce qu’Amazon a freiné des quatre fers depuis le début. Le groupe a d’abord largement communiqué sur les réseaux sociaux pour démentir les accusations des salariés et de certains médias, y compris celles d’un site d’investigation, The Intercept, qui avait démontré, preuves à l’appui, que les employés se soulageaient dans des bouteilles en plastique faute de temps pour aller aux toilettes.

Amazon a ensuite, toujours selon les médias américains, fait pression sur les plus engagés, pour promouvoir les avantages sociaux déjà consentis, comme l’assurance santé et un salaire d’au moins 15 dollars de l’heure.

Certains soupçonnent même la direction d’avoir volontairement écourté le délai du feu rouge juste à l’entrée de l’entrepôt pour empêcher les distributions de tracts et les longues discussions. Plusieurs responsables politiques soutiennent le mouvement, le président Joe Biden, mais aussi son adversaire de la Primaire démocrate, Bernie Sanders.

Dans un contexte où le syndicalisme régresse aux Etats-Unis

A peine 10% des salariés américains étaient syndiqués en 2020, c’est deux fois moins que dans les années 80. La baisse a été particulièrement forte ces dernières années, puisque Donald Trump a pris plusieurs décrets dissuasifs, mais aussi parce que certaines organisations, notamment dans l’automobile, ont été épinglées pour corruption.

Reste que les syndicats sont populaires, 65% des américains en ont une bonne opinion. Le résultat du vote chez Amazon pourrait donc susciter de nouvelles adhésions ailleurs dans le pays.

Louis Amar (avec J.A.)