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Patrick Pelloux: "C'est un carnage de guerre"

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L'urgentiste et ancien membre de Charlie Hebdo Patrick Pelloux a salué ce dimanche "la citoyenneté et le professionnalisme" dont le corps médical a fait preuve. "On a fait tout ce qu'on a pu pour sauver le maximum de personnes", a-t-il raconté au micro de RMC.

Depuis vendredi soir, tout le corps médical est mobilisé pour sauver les victimes des attentats de vendredi à Paris. L'urgentiste Patrick Pelloux a tenu à saluer "le professionnalisme et la citoyenneté" de ses confrères.

"On est extrêmement motivés, on a passé la nuit à essayer de sauver le maximum de personnes. Ca n'a pas été facile, raconte-t-il sur RMC. Le hasard est épouvantable. Le vendredi matin on a préparé un exercice d'attentat multisites grâce au travail des médecins du Samu. Et le soir quand ça a sonné l'alerte générale, on est tous rentrés d'emblée au Samu, on a fait du mieux qu'on a pu. On est intervenu dans des zones où ça tirait encore, où ces ordures étaient encore en train d'abattre des gens".

"Il y en a encore 70 en train de lutter"

Très vite, les médecins ont pris la mesure du drame: "Quand on a vu arriver le pré-bilan des médecins sur le terrain, on a su que l'on était dans un carnage de guerre. On a fait tout ce qu'on a pu pour sauver le maximum de personnes. Il y en a encore 70 qui sont en train de lutter. Les blocs opératoires ont tourné jusqu'à tard hier, je pense qu'il y a encore des chirurgies qui ont lieu".

Après les attentats de janvier dernier, le corps médical a revu ses méthodes: "On a rencontré les médecins militaires, les chirurgiens de guerre, on a changé nos habitudes de manière radicale. On s'est doté de garrot ultra sophistiqués, de produits qui arrêtent les hémorragies, on a créé des kits".

"On travaille sur des lésions de guerre"

Patrick Pelloux évoque des blessures "Nous nous sommes mis à travailler sur les lésions de guerre. Je n'avais jamais appris dans mes études de médecine ce qu'étaient des lésions par des balles de guerre. On s'est retrouvé avec des lésions de thorax, des fracas de membres incroyables. L'orthopédiste de Saint-Antoine m'a dit qu'il n'avait jamais vu ça, ils essaient de sauver les membres, c'est extrêmement difficile".

Pour l'urgentiste, nous devons revoir notre mode de fonctionnement vis-à-vis de la sécurité: "Quand on voit des pays qui vivent avec le terrorisme larvé, les Etats-Unis ou Israël. Ces pays ont changé leur façon d'être. A New York, il y a des numéros d'urgence partout dans le métro. Il faut avoir les mêmes pratiques en France. Nous avons trop laissé faire. Il faut changer beaucoup d'habitudes. Nous avons une certaine lassitude de la sécurité mais il va falloir faire passer ça".