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Pétain, De Gaulle, la guerre d'Algérie et Marine: dans ses "mémoires", Jean-Marie Le Pen règle ses comptes

Le premier tome des souvenirs de l'ancien leader du FN doit sortir le 1er mars. Dans "Fils de la nation", il revisite sa jeunesse jusqu'à la création du parti d'extrême-droite, en 1972.

Jean-Marie Le Pen, ses "Mémoires" et "sa vérité". Le maréchal Pétain "n'a pas failli à l'honneur en signant l'armistice" en 1940 et le général de Gaulle "reste une horrible source de souffrance pour la France", estime Jean-Marie Le Pen, dans les premiers extraits de ses mémoires, "Fils de la nation", à paraître aux éditions Muller le 28 février.

Pétain réhabilité, de Gaulle descendu en flammes

"Si de Gaulle a eu de la vista, Pétain n'a pas manqué à l'honneur en signant l'armistice" écrit-il. Philippe Pétain, devenu président du Conseil en juin 1940, "était légal et légitime, il avait passé avec le Reich un acte régulier et contraignant [...] Que l'on puisse discuter ensuite de la politique de collaboration, de ses fautes, de ses excès, à condition qu'on examine les fautes et les excès de tous, je le veux bien, mais cela ne remet pas en cause ce que je viens de décrire".

Charles de Gaulle, lui, selon l'ancien président du FN, "reste pour moi une horrible source de souffrance pour la France". Il y raconte également la première fois où il l'aperçut, en 1945 dans le Morbihan: "Je serrai cette main indifférente. Il me parut laid et dit quelques banalités à la tribune tendue de tricolore. Il n'avait pas une tête de héros. Un héros doit être beau. Comme saint Michel ou le maréchal Pétain. J'étais à nouveau déçu. En apparence il y a deux de Gaulle, le rebelle de 1940 et le chasseur de rebelles de 1961. Mais tous les deux, ensemble, forment pour moi un faux grand homme dont le destin fut d'aider la France à devenir petite", juge-t-il.

"Un sentiment me domine: j'ai pitié de Marine"

Jean-Marie revient également sur la torture pratiquée en Algérie: "L'armée française revenait d'Indochine. Là-bas, elle avait vu des violences horribles qui passent l'imagination et font paraître l'arrachage d'un ongle pour presque humain. (...) Cette horreur, notre mission était d'y mettre fin. Alors, oui, l'armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d'Alger, mais les moyens qu'elle y employa furent les moins violents possibles. Y figuraient les coups, la gégène et la baignoire, mais nulle mutilation, rien qui touche à l'intégrité physique".

Il évoque également en fin de tome ses relations avec Marine Le Pen. Il évoque, en quelques lignes brutales: "Un sentiment me domine: j'ai pitié d'elle. Sa stratégie et son stratège se sont plantés. Chez les oiseaux, les parents chassent les oisillons pour qu'ils volent de leurs propres ailes. Dans la famille Le Pen, c'est l'inverse: l'oiselle a viré l'aigle pour devenir adulte".

Victor Joanin (avec AFP)