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Procès du 13-Novembre: à la barre, ces victimes qui n’en sont pas aux yeux de la justice

De nouveaux témoignages sont attendus mercredi dans le cadre du procès des attentats du 13 novembre, de la part de victimes considérées comme témoins et non comme des parties civiles. Une incohérence pour Jean-Luc Wertenschlag, un des premiers à secourir les blessés ce soir-là.

De nouveaux témoignages sont attendus mercredi dans le cadre du procès des attentats du 13 novembre. Des victimes qui n'avaient encore jamais témoigné pourront le faire. Ils ont vu et entendu les horreurs des attaques, mais sont considérés comme des témoins et non comme des parties civiles.

C’est notamment le cas de Jean-Luc Wertenschlag, qui habite juste au-dessus du restaurant La Belle Équipe, ciblé le soir des attentats. Il a été l’un des premiers à secourir les blessés de cette terrasse, mais la justice considère qu’il n’a pas été directement visé par les attaques, et lui refuse d’être partie civile, "totalement incompréhensible", selon lui.

"Grâce à nous, la liste s’est arrêtée à 21"

Tous les jours, Jean-Luc Wertenschlag s’arrête devant la plaque commémorative accrochée en face de chez lui. "Je ne peux pas m’empêcher de la toucher, de lire au moins un des noms. Je pense que c’est grâce à nous, les aidants de première ligne, que la liste ne continue pas, qu’elle s’est arrêtée à 21", confie-t-il à RMC.

"Je suis qualifié de témoin malheureux. On a vu, entendu, senti et touché l’horeur. Comment on peut ne pas être reconnu comme une victime? On était dedans, mais on n’existe pas", déplore Jean-Luc Wertenschlag qui veut alerter la Cour sur cette incohérence.

"Un vrai interêt de reconstruction"

A la barre, il n’aura pas un mot pour les accusés: "Ils ne m'intéressent pas. On leur fait trop d’honneur en donnant leur nom". Mais il veut que son témoignage serve à comprendre. "J’ai des compléments d’informations qui peuvent éclairer la justice. C’est pour ça que j’ai autant insisté pour y être. Je trouve que ça a un vrai interêt de reconstruction", estime-t-il également.

Depuis les attentats, Jean-Luc Wertenschlag ne se sépare jamais de son sac à dos noir. A l’intérieur: un garrot, un défibrillateur, des compresses... Tout pour sauver des vies, "juste au cas où".

Jean-Baptiste Bourgeon