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Tollé au Sénat après le vote d'un amendement modifiant les bénéficiaires de la "prime de rentrée"

Alors que le gouvernement souhaitait aider, en septembre, les Français bénéficiant de minima sociaux ou des APL notamment, le Sénat, à majorité LR, souhaite privilégier les allocataires de la prime d’activité, pour encourager les travailleurs modestes.

Le Sénat à majorité de droite a voté dans la nuit de mardi à mercredi un amendement pour remplacer la prime de rentrée exceptionnelle de 100 euros, réservée aux minima sociaux, par une majoration de 150 euros aux bénéficiaires de la prime d'activité.

Aider les travailleurs modestes plutôt que ceux qui touchent des prestations sociales. Voilà l’objectif de la mesure. Initialement cette aide exceptionnelle s'élevait à 100 euros majorée de 50 euros par enfant et devait être versée en septembre aux bénéficiaires des minimas sociaux: RSA, minimum vieillesse, étudiants boursiers et APL.

Cette nuit les sénateurs l’ont donc transformée en une aide de 150 euros réservée aux seuls bénéficiaires de la prime d’activité auxquels sont intégrés les bénéficiaires de l’allocation adulte handicapé. Malgré un dispositif qui coûtera moins cher à l'exécutif, s’y est montré défavorable puisqu’environ 4 millions de foyers pauvres en seraient désormais privés.

Peu de chance d'arriver à un accord avec les députés

De quoi faire hurler la gauche. “Vous profitez de la nuit pour taper sur les plus pauvres”, s’est énervé un sénateur écologiste.

L'amendement a été adopté par les groupes LR et centriste, à l'exception d'une poignée d'entre eux. "Pour moi c'est non", a déclaré Elisabeth Doineau, "hostile" à une mesure qui "exclut notamment des femmes seules avec des enfants".

Reste que députés et sénateurs doivent encore se mettre d’accord sur le texte ce qui selon un conseiller de l'exécutif à peu de chance d’arriver.

Hélène Terzian avec Guillaume Descours