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Rio s'apprête à accueillir les J.O: "Cette ville se transforme en ville pour touristes"

Les Jeux Olympiques débutent vendredi à Rio.

Les Jeux Olympiques débutent vendredi à Rio. - Christian Petersen - Getty images - AFP

REPORTAGE - La ville de Rio au Brésil s'apprête à accueillir près de 10.000 athlètes pour le coup d'envoi des Jeux Olympiques vendredi. La ville a dû revoir ses infrastructures pour se transformer. Sur place les habitants sont partagés entre fierté et amertume face aux sommes engagées.

Rio a gardé sa carte postale, la plage de Copacabana. A part l'immense stade de beach volley, la mythique plage n'avait pas besoin de se transformer pour attirer les touristes. Le reste de la ville a en revanche connu de nombreuses transformations, comme el Centro, le quartier du centre, totalement transfiguré. On y trouve un nouveau musée, un bâtiment blanc qui semble flotter sur l'eau. Un changement intervenu dans le cadre des Jeux olympiques et bien accueilli par Sunny, Carioca de toujours.

"C'était sale, noir ici. il n'y avait que des gamins les pieds nus et c'était tellement dangereux. Maintenant regarde! C'est de la modernité, nous ne sommes pas habitués. Mon coeur est heureux de voir ça", s'enthousiasme-t-elle.

Pendant quinze jours, c'est dans ce quartier que scintillera la flamme olympique. Pour se rendre au coeur de la ville olympique justement, un métro a été construit exprès. Mais inauguré il y a deux jours seulement, il est encore fermé. Un chantier pharaonique qui a fait fleurir des stations de métro un peu partout, notamment devant le commerce de Valdjir qui vend des jus de fruit. "On espère que ce sera positif, qu'on accueillera plus de clients. Pour l'instant, ce n'est pas le cas mais je suis sûr que ce sera bien, les J.O ce sera super", veut-il croire. 

"Le métro, ce n'est que pour les nouveaux riches"

Mais pour beaucoup d'habitants, le métro est à l'image des chantiers entrepris pour les Jeux olympiques: très chers. Les délais de fabrication ont explosé et l'utilité du métro pour les Cariocas est contestée estime Rogerio, journaliste indépendant.

"Ca a coûté ds millions et ce métro, c'est une ligne droite. Il ne dessert aucun quartier populaire, aucun quartier qui en ait vraiment besoin. Ce métro, ce n'est que pour les nouveaux riches, ce n'est pas fait pour la population. En fait cette ville se transforme en ville pour touristes, pour journalistes, pour investisseurs, pas une ville de Carioca", déplore-t-il. 

Des chantiers marqués par des drames

Pour rejoindre Barra des Tijuca, le quartier olympique situé à environ 1h30, il faudra pour l'heure utiliser la voiture. Le long de la route, de grands immeubles neufs un peu bourgeois ont été construits. En face s'étendent les fameuses favelas de la ville, les unes à côté des autres. Au coeur du quartier olympique se dresse enfin le complexe sportif et le stade flambant neuf. Un chantier auquel a participé Bernardo, maçon. "Je suis fier d'avoir participé à ça. Quand je passe devant ces immenses bâtiments, je suis fier", sourit-il. Malgré sa fierté, l'ouvrier n'oublie pas les deux années de chantier qui ont été terribles pour lui et ses collègues.

"Il y a un an, on a été en grève pendant quinze jours parce que les conditions de travail étaient trop dures et le salaire faible. Par exemple, une fois par fatigue, j'ai vu un ouvrier se faire écraser par un camion. C'était terrible, l'ouvrier est mort", se souvient Bernardo. 

En tout ce sont 11 ouvriers qui ont perdu la vie sur ces chantiers où plus de 10.000 athlètes viendront dès vendredi se disputer les médailles olympiques.

"Le métro, ce n'est que pour les nouveaux riches"

Mais pour beaucoup d'habitants, le métro est à l'image des chantiers entrepris pour les Jeux olympiques: très chers. Les délais de fabrication ont explosé et l'utilité du métro pour les Cariocas est contestée estime Rogerio, journaliste indépendant.

"Ca a coûté ds millions et ce métro, c'est une ligne droite. Il ne dessert aucun quartier populaire, aucun quartier qui en ait vraiment besoin. Ce métro, ce n'est que pour les nouveaux riches, ce n'est pas fait pour la population. En fait cette ville se transforme en ville pour touristes, pour journalistes, pour investisseurs, pas une ville de Carioca", déplore-t-il. 

Des chantiers marqués par des drames

Pour rejoindre Barra des Tijuca, le quartier olympique situé à environ 1h30, il faudra pour l'heure utiliser la voiture. Le long de la route, de grands immeubles neufs un peu bourgeois ont été construits. En face s'étendent les fameuses favelas de la ville, les unes à côté des autres. Au coeur du quartier olympique se dresse enfin le complexe sportif et le stade flambant neuf. Un chantier auquel a participé Bernardo, maçon. "Je suis fier d'avoir participé à ça. Quand je passe devant ces immenses bâtiments, je suis fier", sourit-il. Malgré sa fierté, l'ouvrier n'oublie pas les deux années de chantier qui ont été terribles pour lui et ses collègues.

"Il y a un an, on a été en grève pendant quinze jours parce que les conditions de travail étaient trop dures et le salaire faible. Par exemple, une fois par fatigue, j'ai vu un ouvrier se faire écraser par un camion. C'était terrible, l'ouvrier est mort", se souvient Bernardo. 

En tout ce sont 11 ouvriers qui ont perdu la vie sur ce chantier où plus de 10.000 athlètes viendront dès vendredi se disputer les médailles olympiques.

C. B avec Thomas Chupin