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"Les membres du personnel ont fait preuve d’un grand courage": le récit de l'attaque de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière le 1er-Mai

Plusieurs dizaines d'individus ont tenté de pénétrer dans un service de l'hôpital en fin de manifestation mercredi. S'il n'y a eu aucun blessé à déplorer, l'irruption des casseurs a provoqué la peur chez le personnel hospitalier.

Plusieurs dizaines d’individus ont tenté de s’introduire dans le service de réanimation de l’hôpital, la Pitié-Salpêtrière, près de la place d’Italie, le terminus de la manifestation du 1er-Mai. Une grosse frayeur pour le personnel ainsi que pour des familles de patients qui ont assisté en direct à la scène. 

Il est 16h lorsque des dizaines d'individus s'introduisent dans l'enceinte de l'hôpital. "Ils forçaient là-bas. Puis après, ils ont cassé le portail de l’autre côté", explique Brigitte venue voir son fils malade a eu très peur. 

"On a cru qu’ils allaient rentrer dans les chambres et faire quelque chose. C’est des sauvages, on n’attaque pas un hôpital", estime-t-elle.

Cette mère de famille a tout de suite tenté de se mettre à l'abri. "On s’est un peu caché dans le hall et puis on a vraiment eu peur. Ils jetaient des bouteilles sur les policiers et les gens de l’autre côté", raconte-t-elle.

Déterminés, ils ont ensuite essayé de faire irruption dans le service de réanimation, sans succès d'après Marie-Anne Ruder, directrice de l'établissement.

"Le personnel présent en service de réanimation a réussi à repousser, et à faire que la porte du service ne cède pas, parce qu’on aurait été dans une situation particulièrement critique. Les membres du personnel, ont fait preuve d’un grand courage et ont eu un comportement exemplaire avec un seul souci, protéger les patients dont ils avaient la charge", explique-t-elle. 

"On est à côté d’un drame humain"

Ces affrontements en fin de manifestation ont provoqué des dégâts dans le 13e arrondissement. "Il y a des dégâts assez importants sur le trajet de la manifestation. Il y a une banque qui a été attaquée, des commerces qui ont subi des dommages. Mais ces dégâts sont quand même limités parce qu’il y a eu des interventions policières régulières", explique Jérôme Coumet, maire du 13e arrondissement de Paris. 

Il se dit "choqué" parce qu’il s’est passé à l’intérieur de l’hôpital.

"Il y a eu des courses-poursuites avec les policiers. Ils ont ensuite voulu s’introduire dans un service de réanimation chirurgicale de l’hôpital. On est passé à côté d’un drame humain important. Peut-être des morts d’ailleurs", affirme le maire. 

Face à cette attaque, le directeur général de l'Assistance Publique Hôpitaux de Paris, Martin Hirsch a annoncé qu'une plainte allait être déposée. 

Alfred Aurenche avec Guillaume Descours