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Coronavirus: "La Corse, la Bretagne, autour de Nantes", risquent d'être fortement touchées "dans les prochains jours et semaines"

L’AP-HP a décidé d'apprendre des techniques mise en place par les hôpitaux de la région du Grand Est pour préparer au mieux les territoires qui seront prochainement concernés par l’épidémie. Le professeur Benoit Vallet, anesthésiste-réanimateur, ancien directeur général de la santé et le docteur Yannick Gottwalles, chef du pôle des urgences des hôpitaux civils de Colmar dans le Haut-Rhin, étaient les invités de la matinale ce vendredi.

Selon le dernier bilan, 1.169 personnes étaient hospitalisées dans le Grand Est, dont 300 en réanimation. La région a enregistré 32 nouveaux décès en 48 heures.

Alors, pour préparer les hôpitaux d’Ile-de-France à l’épidémie, l’AP-HP a envoyé une mission dans le Grand Est. Une mission, menée par l’ancien directeur général de la Santé et anesthésiste-réanimateur, le Pr Benoit Vallet. Le but: apprendre de la gestion des hôpitaux du Grand Est pour préparer l’Ile-de-France mais aussi le reste du territoire.

"Nous sommes venus profiter de l’expérience des hôpitaux du Grand Est. L’idée est la préparation des hôpitaux d’Ile-de-France, avec cette épidémie qui progresse de l’Est vers l’Ouest. Peut-être que d’autres régions de France pourront bénéficier de ce retour d’expérience à chaud", explique le professeur Benoit Vallet.

"L’adaptabilité, en passant de quelques lits à une centaine en deux ou trois jours"

Plusieurs techniques "exceptionnelles" mises en place dans cette région ont frappé le professeur: "L’adaptabilité, en passant de quelques lits à une centaine en deux ou trois jours. C’est aussi la question de tous les moyens de réanimation qui ont doublé. Les masques restent un sujet sensible. Au-delà de cette question, beaucoup d’autres moyens de protection sont à développer comme les sur-blouse, les charlottes etc".

Malgré tous ces éléments plus que positifs dans la gestion de la crise du coronavirus par les hôpitaux de du Grand Est, reste un point négatif: le nombre d’entrants ne cesse d’augmenter.

"Un défaut de la balance entre les entrants et les sortants"

Le docteur Yannick Gottwalles, chef du pôle des urgences des hôpitaux civils de Colmar dans le Haut-Rhin, fait un état des lieu de la situation.

"Aujourd’hui, la situation à Colmar reste très tendue. On continue encore à avoir une augmentation du flux de patients atteints de Covid-19, des cas graves qui arrivent à n’importe quelle heure du jour comme de la nuit. Malgré notre adaptabilité, on reste toujours dans un défaut de la balance entre les entrants et les sortants".

Forts de cette expérience, les deux médecins espèrent donc pouvoir armer plus efficacement les établissements hospitaliers des régions qui seront touchées, "dans les prochains jours et les prochaines semaines". Parmi lesquelles: "La Corse, la Bretagne, autour de Nantes", annonce le professeur Vallet.

Bourdin Direct (avec C.P.)