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"Marre de travailler juste pour payer l’essence": les automobilistes voient encore rouge à la pompe

Le litre de diesel a franchi la barre symbolique des 2 euros le litre dans de nombreuses stations en France, ce qui conduit à un regain de colère des automobilistes, alors que la situation s'était quelque peu calmée avec les remises de l'Etat.

Et revoilà les carburants au-dessus de 2 euros depuis quelques jours en France. Selon les chiffres publiés lundi par le ministère de la Transition énergétique, le gazole s'est vendu la semaine dernière au prix moyen de 1,91 euro le litre (+3.16 centimes), 1,90 euro pour le sans plomb 95 (+4,36 centimes), et 1,87 euro pour le SP95-E10 (+3.83 centimes).

Et comme RMC vous l'expliquait mardi, cette augmentation du prix de l’essence, et surtout du gazole, devrait se poursuivre encore quelques jours en raison du contexte mondial et notamment du conflit entre la Russie et l’Ukraine. Le 5 février marque en effet l'entrée en vigueur de l'embargo européen sur les produits pétroliers raffinés en provenance de Russie. Ce qui va conduire à un accroissement de l'écart de prix entre le diesel et l'essence.

"Ça s’était calmé et là, cela commence à remonter"

Dans les stations-service, à nouveau, les automobilistes voient rouge, comme nous avons pu le constater à Toulouse. Depuis quelques jours, le gazole est à 2.15 euros dans certaines communes près de la "ville rose". "C’est une honte", lance Catherine qui ne comprend pas, pensant que le baril de pétrole est à la baisse, alors qu'il est passé de 78 dollars début janvier à 87 au 25 janvier.

Abdoulaye, qui vient faire le plein, est lui aussi un peu déboussolé: "Ça s’était calmé et là, cela commence à remonter. On en a marre de travailler pour payer l’essence", fulmine-t-il. Alexia a également besoin de son véhicule pour aller travailler tous les jours: "C’est sûr que c’est pas donné. Toutes les aides sont terminées donc on n'a plus le choix".

"Les signaux ne sont pas à la baisse"

Au syndicat des entreprises de distribution de combustibles et de carburants, on suit de près la situation. Et Frédéric Plan, le délégué général, n’est pas très optimiste pour les prochaines semaines.

"C'est difficile de faire des prévisions en matière de marché énergétique, on a bien vu ce que cela avait produit sur les marchés du gaz et de l’électricité, sans commune mesure en augmentation par rapport aux prix des produits pétroliers".

"Cela étant, ce que je peux dire en matière de carburants, c’est que les signaux ne sont pas à la baisse, alors on aura vraisemblablement une tendance à la hausse dans les prochaines semaines", confirme-t-il.

Pour faire face à cette situation, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a appelé mardi les Français qui y ont droit à solliciter l'aide carburant de 100 euros, alors que 7 millions de personnes ne l'ont toujours pas réclamée.

Jean-Wilfrid Forquès (édité par J.A.)