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Sabotage gare de l'Est: "C'est inimaginable que ça vienne de chez nous" assure un syndicaliste SNCF

Après l'"acte de sabotage" sur un poste d'aiguillage qui continue d'affecter le trafic gare de l'Est à Paris, le syndicat SUD-Rail se défend de toute implication en plein mouvement contre la réforme des retraites. Pour Fabien Villedieu, son délégué, c'est "inimaginable" qu'un cheminot puisse être à l'initiative d'un tel acte, alors que ceux-ci font régulièrement grève pour demander des investissements dans le réseau.

Le trafic est toujours "perturbé" ce mercredi matin au départ et à l'arrivée de la gare de l'Est à Paris, 24 heures après un "acte de sabotage". C'est ce que dénonce la SNCF après un double incendie volontaire sur ses installations en région parisienne mardi. Les dégâts sont importants et les réparations fastidieuses. "Environ 600 câbles électriques" d'un poste d'aiguillage à Vaires-sur-Marne, en Seine-et-Marne, ont brûlé.

La SNCF a porté plainte et le parquet de Meaux a ouvert une enquête pour dégradation volontaire et mise en danger de la vie d'autrui. Pour l’instant, aucune piste n’est écartée, notamment celle d’une tentative de vol de câbles ou encore celle d’un éventuel acte de malveillance interne à la SNCF, alors qu'aucune trace d'effraction n'a été relevée pour l'instant. Selon un cadre de la SNCF, les auteurs de ce "sabotage" connaissaient "forcément bien le réseau".

"On fait grève pour avoir des investissements dans le réseau"

Dans "Apolline Matin" ce mercredi sur RMC et RMC Story, Fabien Villedieu, délégué SUD-Rail, a écarté toute implication des syndicats en pleine mobilisation contre la réforme des retraites et estime que ce n'est pas l'œuvre d'un cheminot. "La présomption d'innocence marche pour tout le monde. Je vois que beaucoup nous pointent du doigt mais ce n'est pas la tradition des cheminots que de saboter leur outil de travail", défend-il.

"Nous, on défend notre outil de travail, cela me paraît inimaginable qu'un cheminot ait pu faire ça. On galère pour avoir un bon outil de travail. Dans pleins d'endroits, on travaille avec du vieux matériel et du réseau trop vieux. On fait grève pour avoir des investissements dans le réseau, c'est inimaginable que ça vienne de chez nous", martèle Fabien Villedieu.

Le trafic reste fortement perturbé ce mercredi matin avec un TGV sur trois seulement aux heures de pointe, puis un sur deux dans la journée.

Guillaume Dussourt