Généralisation des caméras-piétons: "C'est une forme de protection"

REPORTAGE - Manuel Valls a annoncé ce lundi que le dispositif de caméras embarquées pour les policiers afin de lutter contre des contrôles d'identité discriminatoires sera généralisé dans tout le pays. Un dispositif testé avec succès depuis plus d'un an à Rillieux-la-Pape (Rhône).
Le gouvernement veut réinvestir les quartiers. Pour cela, ce lundi, Manuel Valls a annoncé "des mesures fortes". Et parmi elles, le Premier ministre a confirmé la prochaine généralisation des caméras-piétons, directement placées sur les policiers en patrouille. Un dispositif qui existe déjà et fonctionne avec succès dans plusieurs villes de France. C'est le cas notamment à Rillieux-la-Pape, une ville de banlieue sensible au nord de Lyon. Ainsi, depuis plus d'un an, à chaque fois que Gaël s'équipe pour partir en intervention "c'est automatique, c'est comme la radio, l'armement, on prend la caméra".
"Pas de débordements"
Ce policier municipal de Rillieux-la-Pape allume donc sa petite caméra noire fixée sur son torse et filme toutes ses missions. "Dès qu'on la déclenche, cela fait un petit bip et une lumière verte s'éclaire. Donc quand on est en contact avec la population, les gens savent tout de suite que quelque chose vient d'être allumée. Et de toute façon, on l'annonce", explique-t-il.
Contrôle d'identité, contrôle routier, maintien de l'ordre... Guillaume, son chef d'équipe, se sent rassuré dès que l'appareil est allumé. "Cela apaise le dialogue, estime-t-il. En face, ils savent très bien que l'on ne pourra pas mentir, qu'ils ne pourront pas non plus. Ils savent très bien et restent à leur place. Il n'y a donc pas de débordement des deux côtés. C'est une forme de protection".
"Cela me rassure"
Mais du côté des habitants, on est plutôt partagés sur ce dispositif. "Le policer fera attention à ce qu'il dit, ce qu'il fait. Parfois, il peut y avoir des insultes, des bousculades… Mais avec des caméras, cela ne risque rien. Moi, cela me rassure", indique l'un d'eux. Une autre de considère, en revanche, "que cela n'est pas nécessaire d'autant plus que la vidéosurveillance s'est développée".
Au total, pour ses 20 policiers municipaux, la ville a acheté 12 caméras. Un investissement de 600 euros qu'Alexandre Vincendet, le maire Les Républicains de la commune, ne regrette pas: "C'est le prix de la sécurisation des relations entre mes forces de l'ordre et ma population. Aujourd'hui, on a une baisse plus que significative de 80% des outrages et incidents lors d'interpellations. Ce qui est énorme dans une ville de banlieue". A noter qu'à Rillieux-la-Pape, les vidéos sont détruites au bout d'une semaine, sauf si la justice en demande une copie pour son enquête.