Trois semaines après son lancement, où en est le Ségur de la Santé?

Après trois mois de crise sanitaire, médecins, aides-soignants et infirmiers vont battre le pavé mardi un peu partout en France pour rappeler le gouvernement à ses promesses sur l'hôpital, en plein "Ségur de la santé".
"Finis les applaudissements, place aux rassemblements": voilà le mot d'ordre de cette "journée d'action nationale". Trois mois après le début de la crise sanitaire, les soignants se donnent rendez-vous dans la rue ce mardi, à l'appel de l'intersyndicale (CGT, FO, SUD, Unsa...) et de collectifs hospitaliers (Inter-Hôpitaux et Inter-Urgences).
Une manifestation inédite par son ampleur: 240 rassemblements au total sont prévus selon le décompte du collectif Inter-Hôpitaux (Colmar, Brest, Foix, Digne-les-Bains,...). A Paris, le cortège doit s'élancer à 14h du ministère de la Santé pour rejoindre l'Assemblée nationale.
En ligne de mire: des moyens et des actions. L'objectif est de mettre à profit le soutien engrangé auprès de la population pendant la crise sanitaire afin d'obtenir des avancées pour les salariés des hôpitaux et des Ehpad, salués comme des "héros en blouse blanche" par le chef de l'État au début de l'épidémie.
Des mesures qui pourraient d'ailleurs être prises lors du Ségur de la Santé. Trois semaines après son lancement, où en est-on?
"Ca patauge un peu", "cause toujours": ces trois premières semaines d'échanges ne semblent pas avoir convaincu les soignants conviés. Rien de concret n'a pour l'instant été acté. Seules les négociations sur les salaires et les carrières ont débuté vendredi dernier. Jusqu'alors, il s'agissait uniquement de concertations.
Si les collectifs et syndicats partagent les mêmes revendications, leurs craintes sont également unanimes. Pour l'instant, aucune enveloppe budgétaire ne leur a été présentée et aucun arbitrage politique n'a été rendu.
"Nous construisons sans avoir l'assurance que cette construction voit le jour" s'inquiète une centrale syndicale. Le plus dur, selon eux, sera non pas de tomber d'accord mais de se confronter au ministre de la Santé.
Unique certitude: si ce Ségur n'aboutit pas, la colère des soignants sera immense.
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