RMC

18% des nouveaux nés portent un prénom arabo-musulman: "On a la carte de visite de la France de 2017 à 2019"

-

- - RMC

Le Point publie une enquête sur les prénoms en France. Le magazine révèle notamment que la part des prénoms arabo-musulmans, hébraïques et locaux est en forte augmentation chez les nouveaux-nés.

Les prénoms des nouveaux-nés, sont-ils le miroir de la France d’aujourd’hui. La France connaît un chamboulement "anthropologique" depuis plusieurs années révèle une grande enquête du magazine Le Point qui s’appuie sur le livre L’Archipel français de Jérôme Fourquet, directeur du département opinion à l’Ifop. 

Le livre révèle notamment que les prénoms arabo-musulmans représentent 18% des prénoms des nouveau-nés. C’est d’ailleurs une des premières informations qu’a mis en avant le magazine Le Point comme le concède Jérôme Béglé, directeur adjoint de la rédaction.

"On a simplement lu un livre qui fait la carte de visite, la carte d’identité de la France de 2017 à 2019. Notre volonté, c’était de dire voilà ce qu’est la France aujourd’hui. On peut l’aimer, ne pas l’aimer, déplorer certaines choses ou pas, mais c’est comme ça. Qu’il y ait en 1900, 20% de Marie, et qu’en 2015, on soit passé à 0,3%, ça peut être insignifiant pour certains, pour moi ça veut dire beaucoup", affirme-t-il. 

Un communautarisme plus prononcé

Si le nombre d’enfants portant un nom arabo-musulman est plus important, c’est également le cas pour les prénoms locaux. Et selon Jérôme Fourquet, on peut même y voir une certaine corrélation. 

"Jérôme Fourquet affirme qu’on peut superposer la carte des régions où il y a une forte recrudescence des prénoms arabo-musulmans avec celle des Kévin, et avec celle du vote pour le Rassemblement national. Autrement dit, dans un même département, on prend un prénom arabo-musulman, en réaction à ça, les voisins disent, je vais appeler mon fils Kévin afin de lui donner un horizon différent, et en réaction à ça les Kévin votent pour le Rassemblement national", explique Jérôme Béglé. 

Pour lui c'est le signe qu'en France, le communautarisme est de plus en plus fort avec notamment une séparation entre les classes sociales qui est bien plus prononcée aujourd'hui. 

Il prend notamment l'exemple des églises qui étaient un lieu où pauvres et riches se mélangeaient. "En 1961, 35% des Français déclaraient aller à la messe le dimanche. En 2012, c'était 6%. Là aussi ça veut dire quelque chose", conclue-t-il.