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"C'est très excessif": les vins au restaurant, vendus 3,5 fois plus cher que leur prix d’achat

Selon une enquête que vient de publier La revue du vin de France, les restaurateurs seraient nombreux à faire d'importantes marges sur les boissons, et plus particulièrement sur le vin.

35 euros une bouteille de vin au restaurant alors qu'elle en vaut 5 à l'achat. C'est monnaie courante pour les restaurateurs qui n'hésitent plus à multiplier par 4, 6, 8 voire 10 les prix de leur vin à la carte. Ce coefficient multiplicateur est en moyenne de 3 à 3,5 par rapport au prix d'achat professionnel.

Une pratique que les restaurateurs justifient par les frais qu'ils s'engagent pour proposer les vins: stockage, conseil, personnel, mais aussi les frais et taxes.

"On ne les paie pas à leur juste valeur"

Et vous l'aurez sûrement constaté, le prix des bouteilles de vin au restaurant est élevé alors que la qualité n'est pas toujours au rendez-vous. C'est donc toujours les clients qui trinquent. Payer sa bouteille de vin au restaurant 3 ou 4 fois plus chère que dans le commerce, cette touriste bordelaise en fait souvent l'expérience:

"Je trouve qu'ils sont souvent trop chers, on ne les paie pas à leur juste valeur. Je sais que les restaurateurs font beaucoup de marge sur le vin et c'est très excessif".

Exemple avec une bouteille de vin blanc présentée par un restaurateur du 14ème arrondissement de Paris: "Cette bouteille, elle coûte une dizaine d'euros. Et aujourd'hui on l'a vendu 39 euros".

Le service "peut justifier certains prix"

Pour Pierre Villa-Pallejat, cette différence importante entre le prix d’achat de la bouteille et son prix de vente est tout à fait justifié. 

"Déjà il faut payer la bouteille, ensuite y'a le service, c'est-à-dire que ça va passer par la verrerie, le nappage, le conseil, la formation du personnel. Ça coûte de l'argent. Ça peut justifier certains prix".

"En mettant les prix moins chers ils vont vendre plus de bouteilles"

Des prix élevés pas forcément nécessaires, estime Fabien Humbert, auteur d’une enquête à ce sujet pour La revue du vin de France. Il faudrait au contraire baisser les prix.

"En mettant les prix moins chers à x2 x3, finalement ils vont vendre plus de bouteilles, ils vont avoir moins de stock, les clients vont être contents, ils vont revenir. Donc au lieu de faire 200% de marge sur une bouteille, il va vendre 4 bouteilles à 50% de marge".

Aujourd'hui, 3 bouteilles de vin sur 10 sont achetées dans les cafés, hôtels ou dans les restaurants.

Olivier Chantereau et Margaux Boddaert