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"C'était une personne hyper-professionnelle": les fraudes bancaires plus rares mais mieux rôdées

Les fraudes par internet sont en baisse, mais les arnaques à l'usurpation d'identité des banques ou des pouvoirs publics sont de mieux en mieux rôdées. C'est l'amère expérience qu'en a fait Marine, qui a perdu 5.000 euros. Et aujourd'hui, sa banque refuse de la rembourser.

Il y a six mois, Marine clique sur un lien suspect sur son téléphone. Quelques semaines plus tard, elle reçoit un appel de sa banque. "'Bonjour on a détecté des achats frauduleux'. C'était une personne hyper-professionnelle, digne de travailler dans une banque", raconte-t-elle à RMC.

Sauf qu'au bout du fil, c'est bien un escroc qui se fait passer pour un conseiller. Elle suit alors la démarche indiquée au téléphone. Résultat, 5.000 euros disparaissent de son compte bancaire. Sa banque, elle, refuse de la rembourser. "La banque doit surveiller ça. Ils ne prennent même pas une partie de la responsabilité", déplore Marine.

Si les fraudes sur les paiements par internet sont en baisse, selon une étude de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement, la vigilance doit rester de mise alors que les arnaques à l'usurpation d'identité des banques ou des pouvoirs publics sont de mieux en mieux rôdées.

"Celui qui a été négligent, c'est la banque"

Et légalement, les victimes de ces fraudes doivent être remboursées, sauf s'il est prouvé qu'elles ont été négligentes. Ce dont est accusée Marine. Son cas est pourtant loin d'être isolé. "Dans ce cas-là ce n'est pas de la négligence", défend Matthieu Robin, responsable adjoint aux études à l'UFC-Que choisir, une association de consommateurs.

"Celui qui a été négligent, c'est la banque qui a été victime d'une usurpation de son numéro de téléphone. Ce serait assez scandaleux qu'en raison de la négligence des banques, les consommateurs victimes de ces fraudes ne soient pas remboursés", explique-t-il.

En cas d'arnaque, l'UFC-Que choisir recommande de saisir le service réclamation de votre banque, et de se rapprocher, au plus vite, d'une association de consommateurs. De son côté, l'UFC-Que choisir a déjà enclenché une action collective contre douze établissements bancaires qui avaient indiqué à tort, que les victimes avaient fait preuve de négligence.

Matthieu Limongi (avec G.D.)