RMC

"Ils ont créé un sentiment de panique": le témoignage de Cathy, victime d'arnaque par SMS

RMC a recueilli le témoignage de Cathy, victime d’une arnaque téléphonique avec usurpation d’identité. L'escroc s'est fait passer pour la répression des fraudes et lui a volé 3.000 euros. Les démarches pour se faire rembourser sont laborieuses.

Mi-avril, Cathy reçoit un faux SMS de la part de Netflix qui lui demande de mettre à jour ses coordonnées bancaires. Elle s'exécute, mais dans la foulée, elle a un gros doute et fait opposition. Jusque-là, l’arnaque est plutôt classique, mais elle prend ensuite une autre ampleur.

Une fausse tentative de paiement suspect

Deux jours plus tard, un homme l'appelle avec un numéro qui ressemble à celui de sa banque. Il se fait passer pour "un service des fraudes à la carte bleue", lui fait croire qu'il y a eu sur son compte une tentative de paiement suspect, mais qu'il a tout réglé. En réalité, tout cela est faux mais Cathy tombe dans le panneau et lui fait confiance.

Il m’a dit que j’allais recevoir des sms et qu’il fallait tout valider.

Puis l’homme la rappelle une heure plus tard, et tout s'envenime. "Il m’a dit que c’était très grave, que des fraudeurs étaient sur mes comptes, qu’ils étaient en train de faire un virement de 3.000 euros. Il m’a dit qu’il fallait aller très vite car sinon ils allaient vider mes comptes. Je n’étais pas bien réveillée, j’étais angoissée, je lui ai fait confiance. Il m’a dit que j’allais recevoir des SMS et qu’il fallait tout valider. C’était vraiment très professionnel, mon banquier m’aurait parlé de la même façon", témoigne Cathy auprès de RMC.

"Il a créé un sentiment de panique"

"Tout le monde me traite d’idiote, me dit qu’il ne faut jamais répondre. Je le sais! Mais il a créé un sentiment de panique. Ce sont des manipulateurs", poursuit-elle. Quand elle se rend compte de la supercherie, Cathy appelle sa banque qui refuse dans un premier temps de lui rembourser ses 3.000 euros. "Ils m’ont dit de m’estimer heureuse, car ça aurait pu aller jusqu’à 9.000 euros", raconte encore Cathy à RMC.

Selon la plateforme gouvernemental Cybermalveillance.gouv, qui a pour mission d’assister les particuliers et les entreprises victimes de cybermalveillance, le phénomène prend de l'ampleur. Et dans ce type d’arnaques, il est très difficile de récupérer son argent car la banque considère que vous avez vous-même divulgué vos informations confidentielles, que vous avez validé la transaction et donc que vous avez fait preuve de négligences.

"Il ne faut pas céder à l’urgence"

"Quand on vous appelle au téléphone pour ce type d’opération, il faut systématiquement raccrocher. Jamais la répression des fraudes ne vous demandera vos coordonnées bancaires ni même votre banquier. Il ne faut pas céder à l’urgence", avertit Matthieu Robin de l'UFC Que Choisir, qui conseille de porter plainte systématiquement. C'est d'ailleurs ce qu'a fait Cathy en début de semaine avec une plainte pour escroquerie contre X.

En parallèle, RMC a contacté sa banque qui a finalement accepté de rouvrir le dossier de Cathy et le remboursement à venir de ses 3.000 euros.

RMC