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"Elle doit être retravaillée": Bruno Le Maire rejette la proposition de loi qui enflamme la grande distribution

Une proposition de loi du député Renaissance Frédéric Descrozaille fait grand débat. Son objectif est d'assurer l’approvisionnement des Français en produits de grande consommation. Sauf que, pour la grande distribution, elle est injuste. Sur RMC et BFMTV ce lundi, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a estimé que l'intention était bonne mais que la proposition de loi devait être retravaillée.

C'est un texte qui divise même au sein de la majorité présidentielle. Le député Renaissance du Val-de-Marne, Frédéric Descrozaille, souhaite à travers une proposition de loi "assurer l’approvisionnement des Français en produits de grande consommation". Celle-ci a largement fait réagir les dirigeants de la grande distribution sur un point précis.

Habituellement, des négociations tendues sont organisées entre la grande distribution et les fournisseurs pour choisir des prix. Sauf que, d'après les distributeurs, cette proposition de loi changerait la donne. Selon eux, il est prévu que si un accord de négociations commerciales n'est pas trouvé au 1er mars, ils devront acheter au prix prévu par l'industriel. La proposition de loi se situe dans le prolongement des lois Egalim 1 et 2.

Pour le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, invité du "Face à face" sur RMC et BFMTV ce lundi, "l'intention du député Descrozailles est bonne, mais l’équilibre n’est pas encore trouvé et il faut continuer à travailler".

"Il faut que tout le monde en ait pour son argent"

"Notre objectif, c'est celui qu’on a réussi à obtenir avec la loi Egalim. Il est de trouver le bon équilibre entre les intérêts des distributeurs, du producteur agricole et du consommateur. Il faut que tout le monde en ait pour son argent", précise-t-il.

C'est pourquoi Bruno Le Maire a affirmé qu'en "l'état, cette proposition de loi qui part d’une bonne intention, doit être retravaillée": "On a encore un peu de temps pour la retravailler".

La grande distribution en colère

Une bonne nouvelle sans doute pour les acteurs de la grande distribution. Invité dans "Apolline Matin" sur RMC et RMC Story jeudi dernier, Michel Biero, directeur exécutif des achats, du marketing et de la communication de Lidl France, avait expliqué pourquoi il était contre une partie de ce texte.

"Il y a quatre articles dans la proposition de loi, dont trois où il n’y a pas vraiment de sujet. Par contre, il y a l’article 3, qui est extrêmement simple: il dit que c’est la fin des négociations. [...] La loi dit que si on nous demande 30%, et qu’au 1er mars nous n’avons pas trouvé d’accord, on nous imposera de payer les 30%."

Pour lui, "cette loi est là uniquement pour défendre les multinationales": "Elle n’est pas là pour défendre les TPE, ni les PME, ni les ETI. Elle a été poussée par les lobbyistes et les multinationales pour défendre ces mêmes multinationales".

Le risque, avec cette proposition, c'était de voir les prix s'envoler encore plus dans les supermarchés. Pour l'heure, en tout cas, elle ne devrait pas être votée.

AB