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Inflation: des flambées de prix dans notre assiette, mais jusqu’à quand?

Les prix de certains aliments ont explosé depuis plusieurs semaines, et chacun a pu le remarquer lors du passage en caisse dans son supermarché. S’il y a des raisons d’espérer, une baisse des prix n’est pas évidente pour les jours à venir. Reportage.

“Quand on regarde la note effectivement… ça fait un bond”! A la sortie de la boucherie la Côte d’Os, dans la commune de Raphèles-les-Arles (Bouches-du-Rhône), le constat est souvent le même. Fabienne et Didier, les propriétaires de l’établissement depuis 2013, ont été obligés d’augmenter leurs prix pour faire face à l’inflation.

En moyenne, le kilo de viande a augmenté d’environ un euro au sein de cette boucherie-charcuterie. Pour garder sa clientèle, Fabienne explique qu’elle “essaye de travailler au mieux, on rogne un peu sur notre marge. On désosse, on découpe, il faut bien travailler pour pas qu’il n’y ait trop de perte”.

Malgré tout, les clients restent fidèles à leur commerce de proximité, même s’ils dépensent parfois moins. “On regarde un peu plus les prix, on choisit différemment, on s’adapte. (...) Et quitte à payer un tout petit peu plus cher mais avoir une vraie bonne viande, c’est toujours plus sympa quoi”, explique ce client croisé à la boucherie.

La baisse, ce n’est pas pour tout de suite

Outre la viande, les fruits et légumes voient aussi leur prix s’envoler sur les étalages. Selon l’Observatoire des prix de consommation courante, ces denrées coûtent désormais 11% plus cher comparé à l’année dernière. L’envolée est spectaculaire, même si ce chiffre masque d’importantes disparités.

Par exemple, le prix des poivrons a augmenté de 37%. Celui des tomates en grappe d’un peu plus de 30%. Ces hausses exceptionnelles s’expliquent par la rareté de certains fruits et légumes sur les marchés selon Daniel Sauvaitre, secrétaire Général de l’Interprofession des fruits et légumes frais.

“La formation du prix est strictement liée à l’offre et à la demande. S’il y a une certaine rareté et qu’il y a une demande, les prix montent. On a une augmentation sensible du prix de la main d’oeuvre, on a les coûts de l’énergie qui ont explosé, et on a évidemment l’incidence d'aléas climatiques qui font que pour le producteur, le maraîcher, il est plus difficile d’obtenir des fruits et légumes”

Alors, dans l’attente de conditions climatiques plus clémentes, pourrons-nous voir des baisses de prix intervenir dans les jours à venir? Pour Emily Mayer, spécialiste des produits de grande consommation chez IRI, un cabinet spécialisé dans l’étude des marchés, il y a des raisons d’espérer… dans un horizon moyennement proche.

Selon elle, au mois de septembre, “ça va continuer à grimper. Après quand vous regardez les cours de beaucoup de matières premières, les prix baissent”.

Et si ces prix “restent beaucoup plus élevés qu’il y a un an, sur certaines matières comme les huiles, le blé, la viande, on assiste à des tassements qui à un moment donné vont aussi se répercuter sur les prix de vente à la consommation. Ce serait de nature à calmer l’inflation. On va encore avoir de l’inflation jusqu’à la fin de l’année, encore un peu en début d’année 2023, et ça devrait passer sur la deuxième partie de 2023”.

En attendant un retour à la normale, voici quelques conseils à prendre pour faire des économies : prioriser les achats de produits de saison, si possible en local, ce qui permet d’éviter les frais d’énergie et de transport.

Pour ce qui est de la viande, acheter en gros reste plus économique qu’au détail. Il faut évidemment avoir un congélateur avec un peu d’espace afin de ne pas gaspiller!

Estelle Henry (avec Alexis Lalemant)