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Hausse des prix de l’énergie: "Le vrai problème, ce n’est pas le pétrole"

Pour l’économiste Philippe Chalmin, invité d’"Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, l’inflation sur le gaz et l’électricité s’annonce beaucoup plus forte que sur les carburants en 2023.

Les porte-monnaie des Français risquent de souffrir encore plus dans les prochaines semaines. Après la baisse puis la fin des ristournes sur le prix des carburants au 31 décembre, le bouclier tarifaire sur le gaz et l’électricité va être revu à la hausse, de 15%. Et les impacts des tarifs appliqués aux entreprises se feront sentir indirectement sur les produits, dans les magasins.

Invité d’"Apolline Matin" ce lundi sur RMC et RMC Story, Philippe Chalmin souligne qu’il faut s’inquiéter davantage des prix du gaz et de l’électricité, plutôt que de ceux qui sont affichés à la pompe pour les automobilistes.

"Le vrai problème, ce n’est pas le pétrole, assure l’économiste et professeur à Paris Dauphine, spécialiste des matières premières. Sur le pétrole, les prévisions qu’on peut faire sur l’année prochaine sont que les composantes du prix, hors fiscalité, ne devraient pas augmenter. Le prix du baril restera entre 80 et 100 dollars. Il n’y aura pas d’explosion. Le vrai problème, c’est sur le gaz et par ricochet, sur l’électricité. Là-dessus, on ne peut pas dire que l’Etat ne fait rien. Mme Borne nous a assuré qu’en ce qui concerne les ménages et les petits consommateurs, la hausse serait limitée à 15% l’année prochaine. 15%, c’est vraiment un moindre mal. Il faut savoir que les factures d’entreprises, y compris les petites qui sont au-dessus du seuil, c’est une multiplication par trois, quatre, cinq sur le gaz et l’électricité."

"Une situation économique difficile"

"Votre boulanger va augmenter le prix de la baguette, non pas à cause du prix du blé, mais à cause du prix de l’énergie pour son four, illustre Philippe Chalmin, qui s’attend à voir augmenter "d’une manière assez considérable" les prix hors énergie.

"Pour l’instant, la France a probablement l’inflation la plus basse de toute l’Europe, rappelle-t-il. Ne nous faisons pas d’illusions, cela risque d’augmenter, par le biais de l’énergie. Le mot de récession (en Europe) est totalement justifié. Mais il faut rassurer nos auditeurs. Sur l’année 2023, on va vivre probablement une croissance zéro. Et on l’a déjà fait. C’est pire chez nos voisins allemands, qui seront à -1%. Il faut se préparer à cela. Nous sommes dans une situation économique difficile. En 2023, le monde ne sera pas un fleuve tranquille."

LP