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Hausse des prix: pourquoi les industriels de l'alimentation estiment que ça va durer

Si l'inflation est moins forte que dans d'autres pays européens, le secteur de l'alimentaire va en subir les conséquences pour un long moment selon Jean-Philippe André, président de l'Association nationale des industries alimentaires, invité de RMC ce jeudi.

La hausse des prix se poursuit en France et un peu partout dans le monde. Le contexte tendu lié dans un premier à la crise du Covid puis au confit russo-ukrainien commence à se faire ressentir dans les rayons de l'alimentaire. L'inflation suscite l'inquiétude des spécialistes économiques. Elle a bondi à 4,5% en mars en France, son plus haut niveau depuis les années 1980, stimulée par la flambée des prix de l'énergie.

Jean-Philippe André, président de l'Association nationale des industries alimentaires, PDG de Haribo France, confirme sur RMC ce jeudi que la tension est forte sur de nombreux produits et que c'est l'ensemble de la chaîne alimentaire qui est "déréglée".

"On est confronté à une situation complètement atypique. Personne n'avait imaginé la situation dramatique en Ukraine. Il y a une tension extrêmement forte sur certaines matières premières, les oeufs, l'huile de tournesol. On y fait face. La chaîne est déréglée."

"Il faut gérer un phénomène qui, à mon sens, sera long"

En conséquence, les hausses de prix seront automatiques selon lui, notamment pour assurer l'équilibre financier des industriels.

"Il y aura des hausses à passer dans les prochaines semaines, simplement pour faire en sorte que les marges des entreprises, et au-delà des marges, la pérennité, soient maintenues", concède-t-il.

Jean-Philippe André estime que ce sont les pâtes et les huiles qui seront particulièrement touchées mais qu'au final "tout ce qui s'achète" sera concerné par des hausses entre 5 à 10 %.

"On a une inflation de 4.5% en mars. L'inflation alimentaire est de 2,8 % en France. C'est presque le double en Allemagne ou en Espagne. Mais il faut gérer un phénomène qui, à mon sens, sera long", juge-t-il se défendant de tout "effet d'aubaine" de la part des industriels et des distributeurs.

J.A.