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Cours d'éducation sexuelle: "La plupart des choses dont on a parlé, je les connaissais déjà"

Les cours d'éducation sexuelle en question (illustration)

Les cours d'éducation sexuelle en question (illustration) - AFP

Dans un récent rapport, l'association "Ennocence" demande au ministère de l'Education nationale d'évaluer et de renforcer les cours d'éducation sexuelle, dont les enseignements seraient trop limités voire inexistants. RMC est allée à la rencontre d'adolescents pour savoir si les cours dispensés leur avait été utiles.

Vous vous souvenez peut-être de vos cours d'éducation sexuelle... Les ovaires chez la femme, le pénis chez l'homme, le préservatif et la pilule… Autant de sujets abordés à l'école mais trop décalés par rapport à la réalité des enfants d'aujourd'hui. En effet, dans un récent rapport, l'association "Ennocence" montre que les enfants sont confrontés de plus en plus jeunes à des images et des films pornographiques : en moyenne, dès l'âge de 11 ans (chiffres sur l'année 2014, ndlr). C'est pourquoi cette association tire la sonnette d'alarme et interpelle directement la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, pour que les cours soient mieux adaptés à l'époque.

L'éducation par le porno

Par exemple, Roméo, 17 ans, n'a eu qu'un seul cours d'éducation sexuelle durant sa scolarité. Un cours loin de l'avoir marqué: "Je me souviens d'une capote sur une banane ou un truc comme ça", confie-t-il. Son amie Aliénor, elle, a été un peu plus attentive. "C'était en classe de 3ème. Les filles et les garçons avaient été séparés. De notre côté, nous avions étudié les pilules et autres moyens de contraception", se souvient-elle.

Mais ces cours n'ont pas été, a priori, d'une grande utilité, comme elle le reconnaît: "La plupart des choses dont on a parlé, je les connaissais déjà. Donc je ne pense pas que ces cours soient si utiles que cela". Pas très utiles non plus pour Stéphane, 17 ans, qui s'est fait son idée tout seul sur la question, par le biais d'un film pornographique. "C'était du hard, dit-il en riant. J'avais 12-13 ans, un copain m'avait parlé d'un site et j'y suis allé par curiosité". Si le jeune homme rit aujourd'hui de cette expérience, beaucoup d'enfants restent marqués par le visionnage de telles images.

"Les cours sont totalement inadaptés"

"Ce sont des images qui s'impriment et qui peuvent pourrir leur sexualité plus tard parce que ça rend les hommes complexés, met en garde Anne Floret, sexologue. Cela détruit les enfants. D'autant plus qu'a priori ils ne vont pas aller en parler à leurs parents car il y a quand même quelque chose d'interdit". C'est aussi l’avis d’Helena Walther, présidente de l’association "Ennocence", qui estime que les cours d’éducation sexuelle doivent permettre de libérer la parole des enfants.

"Quand ces cours ont lieu, ils sont totalement inadaptés avec les pratiques et le questionnement de ces jeunes adolescents. Je pense qu'il faut avancer", indique-t-elle avant d'ajouter qu'il "n'est pas normal qu'un enfant s'éduque à la sexualité via Internet". En conséquence, Najat Vallaud-Belkacem a demandé cette semaine une évaluation des cours d'éducation sexuelles à l'école pour les améliorer. Réponse à la fin de l'année.

Violette Voldoire avec Maxime Ricard