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Logement: pourquoi le gel des loyers ne fait pas l'unanimité

Les loyers continuent d'augmenter. L'indice de référence des loyers (IRL), qui fixe l'augmentation annuelle autorisée pour les bailleurs, a bondi à 2,48%, un niveau pas vu depuis 2008. Les locataires réclament un gel des loyers mais propriétaires et gouvernement ne l'entendent pas de cette oreille.

Nada, mère célibataire, franco-libanaise installée en France depuis 18 ans, paie un loyer mensuel de 448 euros. "Depuis quelques mois, j’ai constaté que mon loyer augmentait de 25-30 euros, et pour moi c’est énorme. Avec 30 euros, je peux remplir mon caddy, pour moi, et pour mes enfants", assure-t-elle. Pour elle, il sera désormais difficile de faire face à de nouvelles augmentations: "Je souhaiterais qu’ils gèlent l’augmentation parce que moi, je gagne 900 euros par mois".

Au premier trimestre, l'indice de référence des loyers (IRL), qui fixe l'augmentation annuelle autorisée pour les bailleurs, a bondi à 2,48%, un niveau pas vu depuis 2008, mais toujours inférieur à l'inflation galopante.

Alors comment freiner la hausse des loyers, une dépense contrainte, qui augmente beaucoup et plombe le budget de nombreux ménages? Une réunion a eu lieu mercredi entre Bruno Le Maire le ministre de l'Économie, Amélie de Montchalin, ministre de la Transition écologique, et les professionnels de l'immobilier et représentants des HLM. À cette occasion, le ministre de l'Économie a écarté tout gel des loyers.

"Les propriétaires sont tous confrontés à une hausse des taxes foncières"

Les associations de propriétaires ne sont pas favorables non plus à un gel de l’indice de référence des loyers. "Parmi nos adhérents, il y a des retraités, et d’autres propriétaires qui comptent sur ce complément de revenus pour boucler leurs fins de mois", assure Nadine Cazalbou, chargée des relations extérieures d’une association de propriétaires à Toulouse. "Par ailleurs, les propriétaires sont tous confrontés à une hausse des taxes foncières qui sont incessantes donc il leur faut faire face", ajoute-t-elle. Des propriétaires qui doivent également réaliser des travaux de rénovation énergétiques obligatoires et qui ont un coût.

"On refile la patate chaude aux propriétaires en sous-entendant que ce sont eux qui ont la solution. On oublie un peu que ce sont souvent des gens qui ont un crédit. C'est assez démago, on parle d'une révision de loyers qui se fait au mieux tous les ans ou tous les trois ans selon le bail", juge ce jeudi sur RMC Maël Bernier, porte-parole de Meilleur Taux. "Le gel des loyers ne va pas changer la face du monde, mais à 15 jours des législatives, c'est un signe envoyé à gauche alors que cela ne changera pas la face du monde", ajoute-t-elle.

Jean-Wilfried Forquès et Guillaume Dussourt