RMC

Est-on vraiment "riche" avec 3.700 euros net par mois ?

Selon L'Observatoire des inégalités, une personne seule est riche en France à partir de 3.700 euros net par mois après impôts. Un seul qui fait réagir.

C'est une question, qu'on s'est déjà tous posé, au moins une fois... A partir de combien est-on riche ? 3.000 euros, 5.000 euros, 8.000 euros ? Les réponses varient selon les Français. Selon le rapport de L'Observatoire des inégalités, le "seuil de richesse" se situe à 3.673 € net par mois après impôts pour une personne seule (soit deux fois le revenu médian), 5.500 € pour un couple et 7.713 € pour un couple avec deux enfants. Selon ces critères, 4,5 millions de Français sont riches, soit 7,1% de la population (en 2019). Il y a des disparités en fonction de là où on habite. A Paris, c'est 5.790 euros par mois après impôt pour une personne seule. Le riche a en moyenne 57 ans, n'a plus d'enfant à charge, est très souvent (à 82 %) propriétaire de son logement.

"Tout est subjectif, mais ce n’est pas tant que ça finalement, remarque-t-on au micro de RMC, dans la rue. On a peut-être une image un peu faussée. On se concentre sur les footballeurs et les grandes fortunes. Ça permet de relativiser." "Je suis très choquée. A 3.700 euros net par mois, on n’est pas très riche", estime-t-on aussi.

"Ne pas compter" et pouvoir "épargner", les marqueurs de la richesse

Mais c'est surtout la conception de la richesse qui fait débat. En France, personne n’aime être qualifié de riche. Et puis ça veut dire quoi, être riche, en France, en 2022 ? "Tout dépend où on habite. Je considère qu’on est riche à partir du moment où on peut vivre selon ses besoins et subvenir aux besoins de sa famille", répond une passante à notre micro. Pour une autre, être riche, c’est "ne pas compter", mais "la richesse, ce n’est pas que le salaire, c’est la rente, le patrimoine". "Pouvoir placer pour l’avenir", comme l’explique un jeune homme, c’est justement ce que souligne Anne Brunner, qui a dirigé cette étude, sur la définition de la richesse.

"C’est la capacité à épargner, indique-t-elle. On peut beaucoup plus épargner, en moyenne 22% de son revenu, c’est-à-dire autant que ce que gagne les plus pauvres, quand on appartient aux 20% les plus riches. Ça vient alimenter un patrimoine qui génère également des inégalités." Cette étude montre aussi que les "mesures fiscales de 2017, au début du premier quinquennat Macron, ont été très avantageuses" pour les plus aisés et que dans le même temps, les 5% les plus pauvres n'ont tiré aucun bénéfice de ces mesures.

LP avec Rémy Ink