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Prix du lait: vers une augmentation de 15% dans les rayons en 2023

Après un accord trouvé avec les producteurs pour une hausse du prix du lait, l’industriel Lactalis va répercuter cette augmentation dans les rayons. Pour les consommateurs, cela pourrait atteindre 15% en 2023.

Le lait va bientôt coûter plus cher. Après avoir négocié un accord avec les producteurs, qui fait passer le prix du litre de 33 centimes à 49 centimes en un an, Lactalis annonce que cette hausse va être répercutée dans les rayons. Selon Christophe Piednoël, directeur général de la communication de l’industriel, les consommateurs doivent s’attendre à une augmentation de 15% sur les prix des produits laitiers en 2023. "Le monde de l’élevage subit, comme l’ensemble des acteurs économiques, des charges qui sont beaucoup plus élevées que précédemment, pour acheter la nourriture, l’énergie… Cela a augmenté leurs coûts de 18%. Et ces coûts, nous les prenons en charge. Mais nous avons décidé d’aller plus loin. On a absolument besoin d’avoir une filière laitière qui soit française et forte. C’est l’ensemble de la filière qu’on veut soutenir avec cette action", explique-t-il dans ‘Apolline Matin’ ce mercredi sur RMC et RMC Story.

Concrètement, les Français vont voir les étiquettes gonfler dans les prochains mois, après avoir été relativement épargnés. "En Allemagne, les produits laitiers ont augmenté de 30% dans les rayons, souligne Christophe Piednoël. En France, on est plutôt de l’ordre de 10%. La France a très fortement maintenu son inflation, ce qui est une bonne nouvelle pour les consommateurs mais qui pose un réel problème pour la filière laitière. On approche des prix allemands sur le prix d’achat du lait, mais pas dans les rayons. C’est une équation insoluble en l’état actuel. Donc, le revers de la médaille de ces 49 centimes pour les agriculteurs, c’est que nous allons retourner en négociation auprès des distributeurs pour leur demander de mieux prendre en compte ces coûts que supporte la filière."

"La part de l’alimentation dans le budget des ménages n’a fait que diminuer"

"Nous avons pu démarrer quelques augmentations sur l’année 2022, elles ont été passées en mars et en septembre. Aujourd’hui, elles n’intègrent pas le mur énergétique qui est devant nous, qui est absolument stratosphérique, ajoute le directeur de la communication de Lactalis. Juste à l’échelle de notre groupe, nous allons devoir subir 500 millions (d’euros) de coût d’énergie supplémentaire. Il va falloir le répercuter dans les produits et ça n’est pas le cas aujourd’hui. On peut considérer que sur l’année 2023, pour que l’ensemble de la filière puisse continuer de vivre, il faudrait avoir une augmentation de 15% à peu près en moyenne sur les prix en rayon. Ce ne sera pas la même augmentation sur l’ensemble des produits."

Pour Christophe Piednoël, faire payer les consommateurs pour aider les agriculteurs, c’est "un choix de société". "Tout le monde veut aujourd’hui une alimentation qui soit saine, assure-t-il. On veut protéger nos agriculteurs, prendre les critères environnementaux. On veut respecter, et c’est bien normal, le bien-être animal. Tout ça a un coût. La part de l’alimentation dans le budget des ménages n’a fait que diminuer. Dans les années 1960, c’était 30% de votre budget. Aujourd’hui, c’est de l’ordre de 12 ou 13%. C’est un choix de société. Veut-on bien manger ? Veut-on que les agriculteurs vivent décemment de leurs produits ? Veut-on des produits de qualité ? Un camembert Président, juste avant le passage à l’euro, il valait 10 francs. Aujourd’hui, il vaut 1,60€, c’est la même somme. En 20 ans, ces produits n’ont fait que baisser en valeur par rapport à l’inflation."

LP