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Decathlon, Sephora, Leroy Merlin... Les grèves se multiplient dans le secteur privé pour réclamer une augmentation des salaires

La tension monte dans les grandes entreprises et les mouvements de grève se multiplient dans des secteurs peu habitués aux mobilisations.

Decathlon, Labeyrie, Maître Coq, La Boulangère… Toutes ces enseignes ont connu des mouvements de grève ces dernières semaines. Et ce n'est pas fini. Chez Sephora et Leroy Merlin, les salariés s'apprêtent aussi à se mobiliser.

Les employés du secteur privé demandent une revalorisation de leurs salaires, qu'ils jugent trop bas par rapport aux efforts déployés depuis le début de la pandémie, et en complet décalage avec les chiffres d'affaires de leurs entreprises.

Exemple chez les salariés de Leroy Merlin, déjà mobilisés vendredi dernier à l'appel d’une intersyndicale CFDT-CFTC-CGT-FO. Après négociations avec leurs patrons, les syndicats n'ont obtenu qu'une augmentation de 2%, moins que l'augmentation de l'inflation (2.6%).

Trop peu, pour ces salariés sur le pont depuis le début de la pandémie. Nicolas Esnault, vendeur au rayon chauffage, ne voit qu’une solution, la grève:

"D’autres commerces étaient fermés, nous on était en première ligne, c’était difficile pour nous, pour notre famille. On a beaucoup souffert là-dessus, on mérite un juste retour des choses".

"Tous les salariés craquent"

La mobilisation est nationale, la moitié des magasins Leroy Merlin suivent le mouvement. En 25 ans de maison, Jean- Paul Perreira, délégué syndical FO, n’avait jamais vu ça: "Tous les salariés craquent, on n'avait jamais vu ça à Leroy-Merlin, nos entrepôts sont bloqués et il y a de plus en plus d'actions menées dans les magasins par les salariés syndiqués et non syndiqués.

Les grèves se multiplient dans le privé. Ce qui ne surprend pas Berthe Soudet, secrétaire générale du syndicat interdépartemental du Commerce CFDT: "Ils avaient l'habitude d'être dans le consensus. Aujourd'hui, si vous avez des mouvements de grève c'est parce qu'ils n'en peuvent plus les salariés doivent participer aux pertes mais quand il y a des bénéfices tout part sur l'actionnariat".

Chez Decathlon, les actionnaires ont reçu 350 millions d’euros pour l’exercice 2020, un record.

Maryline Ottmann et Lucile Pascanet