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Hausse des comportements à risques sur autoroutes: "Je suis plus concentré quand je roule plus vite"

TEMOIGNAGES - Selon l’Observatoire Sanef des comportements routiers sur autoroute 2016, l’inattention au volant comme la conduite après avoir consommé de l’alcool sont en hausse.

Premiers départs en vacances en ce premier week-end de juillet. Les journées de vendredi et de samedi sont classées orange au niveau national dans le sens des départs et rouge en Ile-de-France. Il y aura donc du monde sur les routes et les dangers qui vont avec. Vitesse, téléphone au volant, inattention au volant… de plus en plus d'automobilistes ont des comportements à risques sur autoroute comme le montre une étude annuelle du concessionnaire d'autoroutes, Sanef.

Dans les chiffres, près d'un automobiliste sur 2 (43%) dépasse la vitesse maximale autorisée de 130 km/h, contre 37% l'an dernier; 4% des véhicules légers dépassent même les 150 km/h. En ce qui concerne l'utilisation du téléphone au volant: 4,9% des 1.000 conducteurs observés tenaient leur téléphone en main ou à l'oreille, contre 3,7% en 2015. Enfin, des efforts restent à faire sur l'usage du clignotant: plus d'un tiers des automobilistes (37%) ne l'utilisent pas pour doubler.

"Je ne suis pas un mauvais chauffard"

"Honnêtement, les voitures sont faites pour aller beaucoup plus vite que les limitations. Ce n'est donc pas évident", se justifie Sylvie, interrogée quant à savoir s'il lui arrivait de rouler au-delà des vitesses réglementaires. "J'ai une voiture de 9cv, ça pousse, se vante Hamza. Je vais régulièrement à 150-160 km/h. Je suis en effet plus concentré quand je roule plus vite". Et de se persuader: "Je vais vite mais je maîtrise. C'est comme Zinedine Zidane: c'est un bon technicien, il maîtrise sur le terrain. Je ne suis pas un mauvais chauffard".

Il y a donc le bon et le mauvais chauffard. Il y a aussi ceux qui conduisent en téléphonant. Luca en voit de plus en plus sur l'autoroute: "Ils sont un peu dans leur bulle et, en règle générale, on les voit dévier un peu entre les voies et c'est à ce moment-là qu'on s'aperçoit qu'ils sont au téléphone". Plus de conducteurs qui téléphonent au volant, plus d'excès de vitesse que l'année dernière, comment l'expliquer? Christophe Ramond, de l'association Prévention routière, a sa petite idée.

La mortalité routière en hausse

"On associe ça à la possibilité qu'ont, aujourd'hui, des millions de conducteurs de savoir en permanence où sont localisés tous les points de contrôle et les forces de l'ordre, avance-t-il. Et ce grâce à des avertisseurs communautaires de radars et dont les informations sont utilisées par un certain nombre de conducteurs pour faire de la vitesse. Il y a aussi peut-être moins de présence de forces de l'ordre au bord des routes en raison certainement d'autres missions jugées plus prioritaires".

A noter qu'après douze années de baisse, le nombre de morts sur les routes de France métropolitaine est reparti à la hausse en 2014 (3.384 morts, +3,5% par rapport à 2013), une tendance qui s'est poursuivie en 2015 avec 3.464 tués (+2,4% par rapport à 2014) et sur les cinq premiers mois de 2016 (+3,8%). La France n'avait pas connu deux années de suite de hausse de la mortalité routière depuis 35 ans.

M.R avec Romain Poisot