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Rassemblement contre la corruption des élus: "La conférence de presse de Fillon m’a rendu triste, comme le jour de la tuerie à Charlie Hebdo"

La place de la République, au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, le 8 janvier 2015.

La place de la République, au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, le 8 janvier 2015. - AFP

Ce dimanche à Paris, un rassemblement contre la corruption des élus est organisé, sur la place de la République. L'événement a été créé en réaction à l'affaire Fillon, et se veut pacifique, citoyen, et non partisan. Son organisateur Vincent Galtier explique sa démarche pour RMC.fr.

Plus de 11.000 personnes se sont inscrites, sur Facebook, au "Rassemblement contre la corruption des élus", prévu ce dimanche après-midi à République, dans le Xe arrondissement de Paris. L'organisateur de cet événement, Vincent Galtier, raconte à RMC.fr la raison pour laquelle il a décidé d'agir et de se battre pour faire changer les règles de la vie démocratique. 

"J’ai voulu organiser ce rassemblement en réaction à la conférence de presse de François Fillon. Lorsque j’y ai assisté via les médias, je me suis dit que sa défense s’apparentait à un exercice de communication peu crédible: il changeait son fusil d’épaule plusieurs fois pour répondre à une seule question. Cela m’a évoqué tout ce que j’ai pu ressentir avec Jérôme Cahuzac à l’époque ou d’autres affaires similaires, qui n’ont pas forcément été prouvées au niveau de la culpabilité, mais qui introduisent un soupçon. Et c’est le problème.

En fait, j’ai réalisé qu’on ne pouvait plus avoir de soupçons concernant l’intégrité de nos représentants. C’est une réaction politique de ma part, dans le sens le plus strict du terme, c’est-à-dire sans notion partisane. Cette incapacité qu'ont les élus à nous représenter, à porter des revendications politiques, je me suis dit que c’était un vrai problème.

"Notre volonté populaire ne peut pas s'exprimer"

Je ne m’attache pas nommément à François Fillon, qui fait partie d’un système où les règles sont permissives. Mais on les perpétue nous aussi en votant pour eux. Je ne crache pas dans la soupe, mais je voudrais capter l’attention des gens sur le fait que ces règles doivent changer. 

J’ai eu cette idée d'organiser le rassemblement contre la corruption des élus à République, en pensant à celui qui avait réuni des centaines de personnes, le jour des attentats de Charlie Hebdo. En réalité, la conférence de presse de François Fillon m’a rendu triste, comme le jour de la tuerie à Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. C’était la même tristesse, un abattement de considérer qu’on est complètement impuissant, déconnecté. Notre volonté populaire ne peut pas s’exprimer, puisqu'on est déconnectés de nos élus. La place de la République s’adresse à notre conception de la République, plutôt qu’aux personnes qui la font vivre.

"On doit se battre pour changer les règles"

Je veux croire à la politique, c’est pour cette raison que je bouge et que j’agis. Je me bats, je me lève, je propose aux gens de se réunir. Je crois qu’il est encore possible de changer ses règles, il le faut, si on veut espérer vivre dans un véritable système démocratique. On doit se battre pour ça.

L'événement est organisé en deux parties: la première est un rassemblement statique, avec des prises de paroles. Ensuite, une assemblée générale est prévue, lors de laquelle tout le monde pourra discuter ensemble. Je compte m’effacer très vite derrière le collectif qui va prendre le relais. Au terme de cette assemblée, nous déciderons des actions que nous ferons par la suite. J’ai choisi de me battre pour une démocratie plus juste, pour un contrôle des élus.

Je pense qu’il faut une massification pour être efficace, il faut qu'il y ait suffisamment de personnes pour que les revendications soient entendues par les élus. C’est mon but: je veux avoir un poids et être écouté. Si les élus ne réagissent pas, ce sera le jeu démocratique, ça voudra dire que nous ne sommes pas assez nombreux". 

Propos recueillis par Alexandra Milhat