RMC

Elle se suicide après un harcèlement sur Facebook: les associations réclament plus de contrôle

Une adolescente américaine s'est suicidée devant sa famille après avoir subi des harcèlements en ligne pendant des semaines. En France, 6% des jeunes seraient victimes de cyber-harcèlement. Ce mardi dans Bourdin Direct, l'association e-enfance demande que les États fassent pression sur les réseaux sociaux pour qu'ils investissent dans la modération des contenus.

Elle s'est suicidée devant sa famille. Brandy Vela, 18 ans, s’est suicidée mardi dernier devant son père et sa sœur à Texas City aux États-Unis après avoir été victime de cyber-harcèlement. Depuis plusieurs mois, elle était victime d’insultes sur son poids. Création de faux comptes Facebook pour lui envoyer des messages d'insultes, création d'un faux profil sur des sites de rencontre avec son numéro et sa photo, disant d'appeler pour "du sexe gratuit"… Face à cette situation insoutenable, Brandy a pris la décision d'en finir.

"T'es trop moche, t'es trop gros, t'es un bolosse…"

Une histoire qui illustre le drame du harcèlement sur les réseaux sociaux. En France 6% des jeunes (moins de 20 ans) seraient victimes de cyber-harcèlement. 7% des collégiens se disent victimes de harcèlement "sévère", voire "très sévère". "Dans 90% des cas ce sont des élèves qu'ils connaissent, des pseudo copains qui se mettent à l'humilier, à l'injurier en ligne: 't'es trop moche, t'es trop gros, t'es un intello, t'es un bolosse'", explique ce mardi dans Bourdin Direct Justine Atlan, directrice de l'association e-enfance, association de protection de l’enfance sur internet. C'est juste quelqu'un qui est identifié comme étant différent. Les enfants sont très normatifs, s'habillent de la même façon, écoutent la même musique, s'habillent pareil… donc dès que vous êtes un peu à part vous êtes rejetés".

"Si vous découvrez que votre enfant est harcelé, vous avez beaucoup de chance car la plupart du temps l'enfant harcelé le cache pour protéger ses parents et a peur d'en parler, restant dans cette loi du silence", poursuit Justine Atlan. Donc si vous avez la chance de le découvrir ou qu'il en parle c'est déjà énorme. Après il ne faut plus le lâcher et l'accompagner, car il va avoir peur que ça recommence et les autres vont tenter de l'intimider. Et surtout il faut tout de suite en parler à l'école".

"Les réseaux sociaux n'ont pas investi dans la modération"

L'association e-enfance souhaite que les réseaux sociaux investissent plus dans la modération et la sécurité. "Ils n'ont pas investi dans la sécurité et la modération. On ne sait pas combien d'argent et de personnes sont investis. On n'a aucun chiffre. Or c'est un vrai sujet". Justine Atlan explique que la France n'a pas vraiment les moyens de faire pression sur Facebook ou Twitter, mais qu'au niveau européen, "la commission européenne commence à les inciter à installer des instruments de filtrage", pour éviter des cas de harcèlement en ligne.

P. Gril avec JJ. Bourdin