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Plus de 6 Français sur 10 ont déjà renoncé à se faire soigner par manque de moyens ou de médecins

Plus de 6 Français sur 10 ont déjà dû renoncer à se faire soigner par manque de moyens ou de médecins. C’est le constat d’une étude de France Asso Santé.

Parmi ces Français qui ne se font pas soigner, la moitié a dû renoncer faute de médecin disponible, et la même proportion n’a tout simplement pas les moyens de payer un traitement ou une consultation.

Tous les français sont touchés par les difficultés d’accès aux soins. Et plus ils sont fragiles, plus ils renoncent à se faire soigner. La proportion de patients qui ne se soignent pas monte à plus de 70% chez les personnes en situation de handicap, les 25-34 ans et les Français modestes, qui gagnent moins de 1.500 euros par mois. 

Les dépassements d’honoraires sont de plus en plus fréquents

67% des personnes interrogées disent y être confrontés. En fait, les médecins sont aujourd’hui majoritairement conventionnés secteur 2, ce qui veut dire qu’ils fixent eux-mêmes leurs honoraires. 

Les Français modestes en pâtissent surtout, sachant qu’un quart des bénéficiaires de la CMU ou de l’aide pour une complémentaire santé se sont vu refuser un rendez-vous à cause de leur statut. 

Les délais d'attente pour obtenir un rendez-vous sont de plus en plus longs, ils dépassent les trois mois dans la plupart des cas. Trois mois et deux jours pour obtenir un rendez-vous chez un ophtalmo, deux mois en moyenne pour réussir à aller voir un dermatologue. Et ce, même à l’apparition ou l’aggravation d’un symptôme. 

Les patients renoncent à attendre un rendez-vous

Et les conséquences sont désastreuses. Le renoncement aux soins entraîne une augmentation des symptômes dans un cas sur 3, voire des complications ou une hospitalisation.

Sur les deux dernières années, près de 2 Français sur 10 ont dû se rendre aux urgences déjà surchargées faute de médecin disponible près de chez eux. 

Un chiffre qui grimpe lorsque l’on parle des Français fragiles: un quart des malades chroniques ont fini aux urgences, et une personne handicapée sur trois.

Anaïs Bouitcha