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Slogan de Paris 2024: "Un message en anglais n'est pas universel"

"Made for sharing", le slogan anglais de Paris 2024 projeté sur la Tour Eiffel.

"Made for sharing", le slogan anglais de Paris 2024 projeté sur la Tour Eiffel. - AFP

Le slogan choisi par la ville de Paris pour sa candidature aux Jeux Olympiques de 2024 n'est pas du goût de tout le monde. Et pour cause, celui-ci est en anglais. Des associations de défense de la langue française s'indignent et souhaitent porter une action en justice.

"Made for sharing" ("Venez partager", ndlr): c'est le slogan choisi par la ville de Paris pour présenter sa candidature aux Jeux Olympiques organisés en 2024. Celui-ci indigne plusieurs associations de défense de la langue française. L'une d'entre elle a d'ailleurs annoncé qu'elle allait attaquer en justice ce slogan en anglais, estimant qu'il enfreignait la loi Toubon de 1994 relative à l'emploi de la langue française, ainsi que la charte olympique.

Christian Tremblay, président de l'Observatoire Européen du Plurilinguisme, explique à RMC:

"On n’est pas du tout contre l’utilisation de l’anglais. Mais les autres langues sont systématiquement mises à un statut inférieur à l’anglais. Prenons le métro à Paris: les consignes de sécurité sont faites évidemment en français, en anglais, en allemand, en espagnol. Comme ça on a quelques des chances qu’elles soient comprises, on veut délivrer un message universel. Or, un message en anglais n’est pas universel"

"Les membres du CIO qui vont voter seront tous étrangers"

Côté défense, Michael Aloisio, membre de comité de candidature Paris 2024, justifie cette décision:

"On avait fait le choix, dès le départ, d’avoir deux signatures: l'une en français et l'autre en anglais. On se rend compte que la communication sur le fait d'avoir ces deux signatures n’est pas forcément bien passée. Par contre, on doit garder en tête que notre objectif, en tant que comité de candidature, est de convaincre les membres du CIO. Et le 13 septembre, les membres du CIO qui vont voter seront tous étrangers". 

Jeudi dernier, c'est l'Académie française qui avait lancé les hostilités, avec un communiqué dans lequel l'institution dénonçait le choix d'un slogan en anglais.

Alexandra Milhat avec Thomas Chupin