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Théo Curin, nageur paralympique: "mon handicap a été la chance de ma vie"

L'athlète paralympique Théo Curin sort son autobiographie intitulée "la Chance de ma vie". Amputé des deux bras et des deux jambes à cause d'une méningite foudroyante, il donne une leçon de vie et de combativité à travers le sport. Invité de la matinale de RMC, il

"A y réfléchir, cette maladie aura été la Chance de ma vie." Les douze derniers mots de sa biographie résument parfaitement le fond de la pensée de Théo Curin. Le nageur paralympique a été victime d'une ménigite foudrayante à l'âge de six ans. Ses jambes et ses bras sont amputés. Invité de la Matinale week-end de RMC, il raconte comment les choses du quotidien peuvent devenir des épreuves et explique que c'est le plus dur.

En tout cas, il l'assure: "sa maladie a changé pas mal de choses, mais aussi dans le bon sens."

"Quand on se retrouve face à une difficulté on a deux choix : s'appitoyer sur son sort, ou se battre et rebondir. Moi, j'ai décidé de rebondir", explique-t-il.

"Beaucoup de gens me disent que je suis courageux, mais les plus courageux, c'est mes parents et ma grande sœur", estime Théo Curin. "Ils étaient en première ligne. Moi à six ans, je ne me suis pas rendu compte de ce qui se passait."

Le combat de l'autonomie

Le premier combat au quotidien de Théo Curin, c'est celui de l'autonomie. Il raconte qu'en "sortant de l'hôpital, (il) ne supportait pas que les gens (l')aident à (s')habiller, à (se) doucher." Il a voulu faire de son handicap une force et se lance des défis pour progresser dans son autonomie au quotidien: "je me suis dis que mon handicap était lourd, mais que il me permets faire des choses tout seul, et qu'il me fallait de l'entraînement et du temps", explique-t-il.

"Je me lançais des challenges réalisables, chaque jour. Par exemple fermer ma braguette tout seul. Ça a mis du temps, mais le jour où j'ai fermé ma braguette, ça a vraiment été un grand moment de sport et d'émotion", raconte Théo Curin hilare.

Souvent présent sur les réseaux sociaux, il essaye "d'y véhiculer des messages", afin d'expliquer "que quel que soient les pépins qui arrivent dans notre vie, on peut rebondir."

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Pas un porte-parole

Théo Curin explique qu'il ne veut pas être un porte-parole des handicapés. Pour lui, "on n'a pas besoin d'être handicapé pour parler du handicap. On a trop souvent tendence à catégoriser les gens."

Le nageur paralympique, qui avait auparavant une phobie de l'eau, explique qu'il reste optimiste sur les questions du handicap, malgré le fait que les politiques ne s'intéressent pas vraiment à ces questions. Pour lui, "on aura réellement fait des progrès sur le handicap quand on arrêtera d'en parler, de se poser trop de questions. Je suis optimiste. Il y a plein de progrès à faire mais les choses sont en train de changer."

Être là où on ne l'attend pas

Athlète, aventurier, il veut être là où personne ne pense qu'il sera et surtout ne pas être "l'handicapé de service", selon ses termes. Au contraire, il se lance encore et toujours des défis. Il sera prochainement le premier nageur paralympique à participer à un marathon de natation en Argentine.

Il sera aussi, en mai prochain, à l'affiche d'un téléfilm en prime-time sur TF1 avec à la clé le premier rôle, aux côtés de l'ex-animatrice Alessandra Sublet. "La comédie, c'est un milieu où on voit peu de gens en situation de handicap. J'ai décroché le premier rôle d'un téléfilm qui va être diffusé en prime sur TF1. C'est historique qu'un mec comme moi sans bras ni jambes décroche un prime", conclu-t-il.

https://twitter.com/mmartinezrmc Maxime Martinez Journaliste RMC