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Salariés et patrons brouillés: "la précarité existe aussi chez beaucoup de chefs d 'entreprise"

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Au menu de 100% Bachelot ce mercredi: comment réconcilier patrons et salariés? Pour beaucoup, il s'agit surtout d'une question de dialogue…

Alors que le Medef tient son université d'été, 100% Bachelot s'interroge: comment combler le désamour entre les travailleurs et les patrons? François Asselin, président de la CGPME et invité de l'émission a voulu d'emblée faire la distinction entre patron de PME-TPE et multinationales: "Le patron c'est aussi votre boulanger, votre boucher, votre artisan… Il n'y a aucun combat entre patron et salarié. Dans les TPE et les PME nous vivons la proximité avec les salariés. Nous vivons l'angoisse des uns et des autres".

Alors qu'Etienne, salarié touchant 1232 euros nets par mois, estimait que les salaires étaient bien trop bas, François Asselin répond:

"On a une organisation sociétale que le travail est fortement ponctionné pour payer la sécurité sociale. C'est un choix de société. A partir du moment où la rémunération du travail est fortement taxée, effectivement ça coûte cher à l'entreprise et il reste peu dans la poche des salariés. Et il ne s'agit pas de faire les poches des salariés, on a besoin d'avoir des gens motivés et la motivation passe par l'argent, c'est évident. Maintenant une entreprise doit équilibrer ses recettes et ses dépenses. Quand vous êtes dans une activité où il y a un fort taux de main d'œuvre et où l'impact du coût de la main d'oeuvre va impacter votre compétitivité, c'est compliqué pour un chef d'entreprise de distribuer ce qu'il ne gagne pas, ce n'est pas plus compliqué que ça".

Et de rappeler que "la précarité existe aussi chez beaucoup de chefs d'entreprise. La rémunération moyenne d'un chef d'entreprise qui a 25 salariés est de moins de 4000 euros pour 60 à 70 heures par semaine".

"Le dialogue avec le patron est essentiel"

Pour Thierry, commercial à Lyon, la réconciliation entre salariés et patrons passe par le dialogue: "Le dialogue avec le patron est aussi essentiel. Dans les PME ce dialogue est plus facile à avoir. Dans les entreprises, on doit avoir un objectif commun. J'ai eu un patron qui ne voulait pas dialoguer, je suis parti".

François Asselin ne dit pas le contraire: "Ce que l'on voit au niveau national avec ces négociations extrêmement rudes, c'est très éloigné de la vie courante des TPE et des PME. Le dialogue existe au quotidien et si les chefs d'entreprise ne comprennent pas ça ils sont en grand danger". Le patron de la CGPME prône aussi la transparence: "La vérité nous rendra libre. Le patron qui explique son compte d'exploitation et ce qu'il reste au bout du bout, le salarié comprend qu'il y a un vrai sujet".

P.B.