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CD, K7, VHS… La tech du 20e siècle fait son comeback

Dans "Estelle Midi" ce jeudi sur RMC et RMC Story, Anthony Morel a expliqué le retour à la mode de vieux produits, comme les CD, les K7 et les VHS.

Retour vers le futur ! Après le vinyle, très tendance depuis des années, c’est au tour du bon vieux CD de faire son grand retour. Aux Etats-Unis l’an dernier, pour la première fois depuis 2004, les ventes de CD ont augmenté. 40 millions d’albums: on est loin des 600 millions par an de l’époque, mais quand même, ça (re)monte. Cette hausse est liée aux nouveaux albums de Taylor Swift, BTS et Adele, qui contiennent des morceaux bonus par rapport à ce qu’on peut trouver sur les sites de streaming et ont dopé les ventes. Mais au-delà de ça, il y a clairement, à l’ère du streaming et des NFT, un retour à l’objet physique, palpable, collectionnable : on veut posséder un objet en lien avec son artiste préféré, sans risquer qu’il soit déréférencé par une plateforme de streaming pour une raison X ou Y. Les maisons de disque l’ont bien compris et multiplient les opérations spéciales pour pousser à l’achat de formats physiques, éditions limitées, collectors… Dernier exemple en date : l’album d’Orelsan, le plus vendu l’an dernier en France, qui a tout misé sur le CD, avec 15 versions différentes, qu’on peut collectionner, échanger… Résultat : des générations qui n’ont même pas connu ce format se mettent à en acheter. Même logique pour les vinyles, dont les ventes battent elles aussi des records, depuis des années. Et ce qui est intéressant, c’est qu’ils sont particulièrement populaires chez les moins de 25 ans, qui n’ont pourtant jamais connu l’âge du 33 tours. D’autant que certains constructeurs proposent maintenant des platines connectées en Bluetooth, qui mêlent nostalgie et modernité.

Les cassettes audio font elles aussi leur comeback avec des ventes qui repartent à la hausse. La face B, le crayon qu’on utilisait pour la rembobiner... Comparé au vinyle, les chiffres sont modestes, mais les ventes sont en hausse. Et ce qui est intéressant, c’est que ce ne sont pas seulement des rééditions, comme Purple Rain de Prince par exemple. Même des artistes très contemporains sortent des cassettes audio. De Daft Punk à Justin Bieber en passant par Eminem ou Ariana Grande, ils sortent leurs morceaux en cassettes. Ça a commencé avec la bande originale du film Marvel "Les gardiens de la galaxie", dans lequel une cassette audio tient un rôle important. Ou encore celle de la série "Stranger Things". Pourtant, la cassette n’a pas beaucoup d’avantages. Qualité de son médiocre, bandes qui s’abîment avec le temps… Et en plus, il faut les rembobiner à chaque fois. Mais ça ne coûte presque rien. Et comme les majors sont intelligentes, les nouvelles cassettes sont désormais vendues avec un code qui permet de télécharger l’album en ligne. Et ça fait le bonheur d’une entreprise française, Mulann Industries, basé du côté d’Avranches : c’est le leader mondial de la bande magnétique et ils misent à fond sur ce retour en grâce d’une technologie qu’on pensait disparue.

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Les cassettes VHS ont toujours leurs fans

Plus largement, c’est le grand retour des années 80/90… A l’heure de Netflix, les cassettes VHS ont toujours leurs fans ! D’irréductibles collectionneurs… Sur les sites d’enchères genre Ebay, les ventes augmentent d’année en année. Certains collectors, comme des Disney, se vendent même plusieurs dizaines de milliers d’euros ! Là encore, ce n’est pas clairement pas pour la qualité de l’image… Les tons un peu passés, l’image qui saute par intermittence, la neige qui brouille subrepticement l’image… Ça semble un peu maso de s’infliger ça, mais on est encore dans cette même logique, où les défauts d’hier deviennent les qualités d’aujourd’hui. De la même manière que le grain sonore du vinyle ou de la cassette, cette image de qualité médiocre a l’avantage de raviver les souvenirs d’une époque, comme une madeleine de Proust technologique. Encore plus si vous tombez sur une cassette enregistrée, avec des publicités de l’époque… Il y a aussi cette notion que les plateformes de streaming, c’est bien joli, mais je ne possède rien : mon film préféré peut être référencé et déréférencé en un claquement de doigt sans que je ne puisse rien y faire. Après, il y a quand même le DVD. Pour les plus nostalgiques, il existe même des applications, comme VHS camcorder, qui permettent de filmer avec son smartphone aux performances photographiques incroyables et de dégrader l’image, pour qu’elle ressemble aux vidéos qu’on tournait avec un camescope dans les années 80…

Anthony Morel