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Faut-il interdire la "puff", populaire chez les jeunes? "Une porte d'entrée à l'addiction", dénonce le Dr. Robert Sebbag

La "puff" est très populaire chez les jeunes. Ce sont des cigarettes électroniques colorées, souvent aux goûts fruités et sucrés, théoriquement interdites aux mineurs.

On en trouve partout. Dans les bureaux de tabac, les magasins spécialisés, en grande surface, sur internet, et maintenant dans les cours de récré... La "puff" fait fureur chez les jeunes. Ce sont des cigarettes électroniques jetables aux goûts sucrés et exotiques (fruits rouges, fraise, banane...), avec ou sans nicotine, qui ont débarqué en France il y a six mois.

La vente est théoriquement interdite aux mineurs, mais l'usage est largement répandu chez les jeunes. 

"D'un point de vue de santé publique, le risque est là"

Le Dr. Robert Sebbag, infectiologue à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, met en avant les dangers d'un début d'addiction par l'aspect physiologique, mais aussi psychologique, de leur utilisation chez les jeunes.

"C'est un outil social. C'est une porte d'entrée très importante avec l'addiction physiologique classique de la nicotine. Mais aussi par le geste. Le geste est très important. Il faut être extrêmement vigilant là-dessus. D'un point de vue de santé publique, le risque est là", juge-t-il ce mercredi dans Estelle Midi sur RMC.

D'autant qu'il est très facile de s'en procurer, même si tous les buralistes n'en vendent pas forcément, se défend Matthieu, auditeur RMC et buraliste en Indre-et-Loire. Notamment en raison notamment d'un prix de base assez élevé (plus de dix euros). Le problème vient plutôt de la vente en ligne, selon lui.

"Il y a largement moins de 5.000 buralistes qui en vendent sur les 23.000 qu'il y a en France. En revanche, c'est très répandu sur le web. Comment ça se fait que ça puisse être en vente libre alors que c'est interdit aux mineurs?"

"Je préfère qu'ils fassent un pas avec cette cigarette plutôt qu'avec la cigarette normale"

Philippe, chef d'entreprise, vend des liquides électroniques de cigarette aux buralistes, aux commerces de e-cigarettes et aux vendeurs en ligne depuis une dizaine d'années. Il confirme que le phénomène de la "puff" n'est que très récent et que 80% des "puff" vendues sont sans nicotine. Même si les parfums les plus vendus sont les parfums fruités, visant ainsi les jeunes, il ne voit pas de problème moral à vendre ce produit.

"Je préfère qu'ils fassent un pas avec cette cigarette plutôt qu'avec la cigarette normale", argue-t-il.

Le réseau social TikTok, très populaire chez les jeunes, n'est pas non plus étranger à ce phénomène. Le partage de vidéos virales de personnes recrachant la fumée des e-cigarettes étant très répandu.

J.A.