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Alexandre, client UberPOP agressé à Lyon: "J'ai pris plusieurs coups au visage"

EXCLUSIF – Alexandre, un client de l'application mobile UberPOP, a été violemment pris à partie ce week-end à Lyon par des chauffeurs de taxis alors qu'il allait passer une commande sur l'application UberPOP. Il témoigne ce mardi sur RMC.

Aux quatre coins du pays, la tension entre les chauffeurs de taxis et les conducteurs non professionnels d'UberPop est à son comble. Des tensions qui se manifestent de plus en plus souvent par des agressions de chauffeurs ou de clients du service VTC. Cela a par exemple été le cas dans la nuit de samedi à dimanche à Lyon. Alexandre, un client clamant qu'il allait faire appel à UberPOP après avoir été éconduit par un chauffeur de taxi, s'est plaint d'avoir été molesté dans la foulée. Le jeune homme a reçu plusieurs coups de poing au visage et s'en est sorti avec un nez fracturé, comme l'a révélé ce lundi 20 Minutes.

"Je vais avoir entre 8 et 21 jours d'ITT"

Interrogé en exclusivité par RMC ce mardi dans Bourdin Direct, Alexandre, 26 ans, depuis son lit d'hôpital, donne tout d'abord de ses nouvelles: "Je suis à l'hôpital depuis quatre jours. J'ai le sinus et le nez cassé. Je me fais opérer dans une semaine et je vais avoir entre 8 et 21 jours d'ITT".

Après ce bref compte-rendu médical, le jeune homme accepte de raconter ce qu'il a vécu ce soir-là. "Il était environ 2h30. Je sors tout juste d'un séminaire franco-allemand. Je suis avec des amis allemands, dans le quartier de Lyon-Confluence, à la recherche d'un taxi afin de rentrer à l'hôtel. J'essaye de monter dans un véhicule libre. Là, le chauffeur m'explique qu'il ne peut pas me prendre car il est en grève. Je lui demande alors pourquoi la lumière verte est allumée. Il m'insulte en me disant que ce n'était pas mes affaires", retrace-t-il.

"Pas étonnant que de plus en plus de gens se tournent vers Uber"

"A ce moment-là, j'ai eu le tort de lui répondre 'pas étonnant que de plus en plus d'utilisateurs se tournent vers Uber', ajoute-t-il. La situation commence à s'échauffer. Un deuxième chauffeur de taxi nous sépare. Finalement, cela se calme et je reprends la route à papier en direction de mon hôtel. Mais 100 mètres plus loin, quelqu'un m'attrape par l'épaule, je me retourne j'ai pris plusieurs coups au visage par, à mon avis, deux personnes différentes. Je tombe au sol et j'essaye de me protéger", raconte-t-il.

Roué de coups, Alexandre, comme en témoigne la photo, est dans un sale état: trois fractures (mâchoire, nez et sinus), la pommette défoncée, les yeux tuméfiés… Sur RMC, Emmanuel, chauffeur de taxi lyonnais, présent au moment des faits, donne une version différente de l'agression. "Alexandre a oublié de préciser dans son témoignage qu'avec ses amis ils étaient fortement alcoolisés. C'est certainement pour cela qu'on lui a refusé la course", explique-t-il. "Pas plus qu'après un diner", clarifie, pour sa part, Alexandre. "On m'a aussi rapporté qu'on lui a demandé de patienter avant de monter dans le taxi et qu'on ne lui a pas refusé la course, indique Emmanuel. Et là, immédiatement, le jeune homme a été impoli, a provoqué en évoquant le service UberPOP".

"Aucun chauffeur ne m'a emmené à l'hôpital"

"Le chauffeur m'a dit qu'il était en grève", insiste Alexandre. Ce à quoi Emmanuel répond, assez remonté: "Comment expliquer alors qu'une dizaine, une quinzaine de courses aient été effectuées dans le secteur de Confluence ce soir-là ! Et de toute manière rien ne prouve que ce soient des chauffeurs de taxi qui l'ont tapé. Ce que nous condamnons d'ailleurs fortement".

Dans Bourdin Direct, Alexandre rapporte aussi que "les pompiers ont mis 20 à 25 minutes avant d'intervenir, ce qui est extrêmement long quand on est en sang et qu'on est au sol. Or, aucun chauffeur de taxi n'a eu l'initiative de venir me secourir. Aucun chauffeur ne m'a pris dans son véhicule pour m'emmener à l'hôpital. Au contraire, ils étaient témoins mais n'ont rien fait et j'ai attendu pendant 25 minutes". Une enquête de police est en cours pour déterminer qui sont les agresseurs et savoir ce qu'il s'est réellement passé ce soir-là.

Maxime Ricard avec Jean-Jacques Bourdin