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Attentat déjoué à l'église Saint-Cyr-Sainte-Julitte: "Ça aurait été un massacre"

A Saint-Cyr-Sainte-Julitte (Villejuif), c'est l'émotion

A Saint-Cyr-Sainte-Julitte (Villejuif), c'est l'émotion - KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Sid Ahmed Ghlam, un Franco-Algérien de 24 ans, accusé de préparer un attentat "imminent" contre "une ou deux églises", a été arrêté dimanche à Paris. Au sein de l'église Saint-Cyr-Sainte-Julitte (Villejuif), cible probable du terroriste présumé, les paroissiens sont consternés. Reportage.

Un curé, douze fidèles: une messe du mercredi matin comme les autres à Villejuif dans la banlieue sud de Paris. Comme les autres? Pas vraiment… En effet, depuis quelques heures la police est là aussi, venue sécuriser les abords de Saint-Cyr-Sainte-Julitte, l'une des deux églises de la ville où Sid Ahmed Ghlam, un franco-algérien de 24 ans arrêté dimanche, avait projeté un attentat. Sur place, comme a pu le constater RMC, les fidèles oscillent entre stupeur et émotion.

Parmi eux, il y a Anne, sûrement la plus consternée. Depuis des dizaines d'années, c'est elle qui prépare l'accueil des fidèles, remet les chaises en place, s'occupe des fleurs. Alors lorsqu'elle a appris que son église était une cible probable d'attentat, ça a été un véritable choc: "Au début je me suis dit: 'Mon église? Mon église attaquée?', je n'en suis pas revenue", témoigne-t-elle. Après réflexion, elle souligne, froidement: "L'église était pleine, ça aurait pu être un véritable massacre... Il aurait visé tout le monde comme ils ont fait pour Charlie Hebdo… On était quand même enfermé !" Et d'ajouter: "En y pensant, dimanche, on aurait pu ne plus être là".

"Ça glace le sang"

Dimanche dernier, parmi les 300 fidèles que cette église peut accueillir, il y avait Agnès, présente avec son mari et sa fille. Cette femme était donc une cible potentielle du terroriste. De quoi la terroriser: "Ça glace le sang dans les veines". Horrifiée, elle poursuit: "J'ai l'impression qu'on en veut aux chrétiens. Mais il faut qu'on dise: 'Oui, je suis chrétien'. On sait que certaines personnes nous haïssent, on ne comprend pas bien pourquoi mais c'est comme ça… C'est tellement injuste… Nous, on n'a rien demandé. On veut la paix ! Et aussi, être protégés".

Une présence permanente des policiers devant l'église? Le curé de Saint-Cyr-Sainte-Julitte, Philippe Louveau n'est pas forcément d'accord: "Je ne réclame rien de ce point de vue-là car je ne vois pas concrètement comment c'est possible. Je comprends que les pouvoirs publics ne peuvent pas mettre un bataillon de CRS devant chaque église de France". Pour lui, seule certitude à l'heure actuelle: "Il ne faut pas céder à la peur, à la psychose ni se poser en victimes trop vite". Un message qu'il entend bien délivrer à ses fidèles ce dimanche lors de la messe.

Maxime Ricard avec Benjamin Smadja