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Cancer du sein: un test permet d'éviter certaines chimiothérapies

Une patiente passe une mammographie

Une patiente passe une mammographie - MYCHELE DANIAU / AFP

TÉMOIGNAGES – En France, 50.000 femmes sont diagnostiquées porteuses du cancer du sein chaque année. Si pour soigner cette maladie, la chimiothérapie est très largement pratiquée, il n'est pourtant pas nécessaire d'en arriver jusque-là dans certains cas comme celui de  Francisca, 45 ans.

Chaque année, plus de 50.000 Françaises (selon des chiffres de la Ligue contre le cancer) sont diagnostiquées porteuses d'un cancer du sein et certaines pourraient éviter la chimiothérapie. En effet, des tests génomiques, prescrits en Allemagne et au Royaume-Uni, permettent de déterminer si la chimiothérapie est nécessaire ou non, après avoir enlevé la tumeur. En France, ces tests sont pratiqués dans certains hôpitaux et cliniques, mais restent à la marge.

Il a été pratiqué sur Francisca, 45 ans, qui témoigne ce jeudi sur RMC. Il y a quatre ans, elle apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. On lui retire sa tumeur et pour éviter une généralisation du cancer, on lui propose une chimiothérapie. Son médecin utilise un test pour vérifier l'utilité d'un tel traitement. "Si c'était positif, j'avais une chimiothérapie à faire et si c'était négatif, non, explique-t-elle. Quand c'est revenu négatif, j'étais très contente".

"Efficacité ne signifie pas remboursement"

Son chirurgien cancérologue Daniel Zarca, membre de l'Institut français du sein à Paris, se souvient: "Non seulement une chimiothérapie, pour elle, était inutile mais en plus elle aurait été dangereuse puisque l'on sait qu'il y a 2% d'accidents au cours d'une chimiothérapie". Autre point positif de ce test, il ne coûte que 3.000 euros alors qu'"une chimiothérapie coûte entre 9.000 et 10.000 euros" assure Daniel Zarca.

C'est pourquoi ce cancérologue regrette qu'il ne soit pas pris en charge par la sécurité sociale. "Efficacité ne signifie pas, en tout cas pour ce test-là, remboursement", déplore-t-il. Pourtant, il estime que ces tests pourraient éviter 8.000 chimiothérapies par an dans le cas des cancers du sein. Plus généralement ce mercredi, la Ligue contre le cancer a dénoncé les prix "injustes" et "exorbitants" des médicaments innovants qui menacent, selon elle, le système de santé et créent des inégalités entre les malades.

M.R avec Antoine Boyer