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Catastrophe ferroviaire de Brétigny: "Qui n'a pas fait son travail?"

Le 12 juillet 2013, plusieurs voitures d'un train Corail reliant Paris à Limoges ont déraillé en gare de Brétigny-sur-Orge.

Le 12 juillet 2013, plusieurs voitures d'un train Corail reliant Paris à Limoges ont déraillé en gare de Brétigny-sur-Orge. - AFP

TÉMOIGNAGE – Trois ans après le dramatique accident qui a fait 7 morts et de nombreux blessés, en gare de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne, les victimes seront reçues pour la première fois par les juges d'instruction. RMC et RMC Découverte ont rencontré Jean-Robert Baroux, qui était à bord du train qui a déraillé.

C'est un moment très attendu par les victimes de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge. Ce lundi après-midi, les associations de victimes et leurs avocats seront reçus pour la première fois par les juges d'instruction qui enquêtent sur l'accident.

Le 12 juillet 2013, plusieurs voitures d'un train Corail reliant Paris à Limoges ont déraillé, tuant sept personnes et faisant des dizaines de blessés. Des experts qui ont enquêté sur la catastrophe seront également auditionnés par le juge d'instruction. RMC et RMC Découverte ont rencontré Jean-Robert Baroux, 69 ans, un commerçant parisien qui était à bord de ce train.

"Ça restera indélébile"

Il attend beaucoup de cette rencontre avec les juges. Trois ans après le drame, l'accident est omniprésent dans l'esprit de Jean-Robert. Dans un dossier soigneusement classé, il a conservé les coupures de presses et les photos de cet accident. Les yeux rougis, il ouvre son dossier et le feuillette.

"Par rapport aux images vécues, aux cris, au déchirement des tôles, aux morts que j'ai pu voir… Ça restera indélébile", témoigne Jean-Robert sur RMC.

Pour essayer de comprendre les causes de cette tragédie, Jean-Robert s'est porté partie civile et a engagé un avocat. Il en veut beaucoup à la SNCF qui a déclaré, encore récemment, que cet accident était imprévisible.

"C'est une responsabilité importante"

Alors ce lundi, en parlant avec les juges, il espère avoir des réponses à ses questions, qui sont toujours les mêmes depuis trois ans:

"Qui n'a pas fait son travail? Qui n'a pas donné les ordres qu'il fallait? Le maintien ou les réparations qui devaient être faites?", s'interroge-t-il sans cesse. "C'est une responsabilité importante, oui. C'est trop facile! Il y a quand même eu mort d'hommes, il y a eu souffrance, il y a eu déchirement de familles..."

Jean-Robert attend désormais le procès qui lui permettra, peut-être, de tourner la page. Il y a quelques semaines, il a réussi à prendre le train, pour la première fois depuis l'accident.

C. P. avec Stéphanie Collié et Cécile Costes