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Centre d'accueil provisoire de Calais: "Par rapport à la Jungle, c'est un palais", estime un migrant

La préfecture a demandé le démantèlement de la zone sud de la Jungle de Calais

La préfecture a demandé le démantèlement de la zone sud de la Jungle de Calais - AFP

REPORTAGE - Dans 48 heures, la moitié de la "Jungle" de Calais devra être évacuée. La préfecture dit vouloir mettre un terme au bidonville et proposera à terme 2.000 places d’hébergements aux migrants: 500 dans un centre d’accueil pour les femmes et les enfants et 1.500 dans un Centre d’accueil provisoire constitué de containers au cœur de la "Jungle".

Les migrants qui occupent actuellement la zone sud de la "Jungle" de Calais devront avoir quitté les lieux "d'ici mardi 20h00 au plus tard". C'est ce qu'a annoncé la semaine dernière la préfecture du Nord-Pas-de-Calais, qui veut réorganiser l’accueil des migrants avec "humanité" et "fermeté ". Pour reloger les migrants, la préfecture mise sur le tout nouveau Centre d’accueil provisoire, constitué de containers au centre de la "Jungle" et qui a ouvert il y a un mois, ainsi que sur le centre Jules Ferry d’accueil pour les femmes et les enfants.

Protégés du reste de la jungle par du grillage, les 125 containers du centre sont posés sur du gravier blanc. Karim, un Iranien, n’a pas hésité longtemps à quitter sa tente pour le Centre d'accueil provisoire: "Le personnel, la sécurité du soir, les toilettes propres, les places au chaud… Par rapport à la Jungle, c'est donc un palais. Mais par rapport à la vie réelle, c'est comme la Jungle".

"On traite les humains comme des sardines"

Mais tous les migrants ne sont pas d'accord pour être relogés. C'est par exemple, Ahmed qui va de désillusion en désillusion. "On traite les humains comme des sardines, estime-t-il. On se retrouve serrés à 12 dans un container. Aujourd’hui il fait très froid mais dès qu’il fera beau ça va devenir un four. J’ai tout perdu en Syrie, je ne veux pas perdre en plus mon avenir".

Dans ce centre, certains n’ont pas tenu 48h. Pourtant, pour Stéphane Duval, le directeur, c’est une véritable avancée: "Le fait de pouvoir dormir au sec, de ne pas marcher dans la boue… C'est certes spartiate mais fonctionnel. Alors on peut toujours améliorer le truc et c'est ce qu'on est en train de faire". En effet, en plus des trois zones de points d'eau et des trois zones de toilettes, le centre ouvrira bientôt une garderie et une bibliothèque pour améliorer le quotidien des migrants.

Maxime Ricard avec Marion Dubreuil